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Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 15:39

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(photo empruntée sur Google)

 

Le 11 septembre 2011.


Cérémonies commémoratives. Ça va de soi. Devoir de mémoire. Quant à moi, ça sert ou devrait servir surtout  à empêcher les plus jeunes d’oublier parce que nous ne pourrons jamais oublier. Et croyez-moi,  je n’y mets aucun débordement d’émotion. Ce qui me touche, c’est que tant de familles aient été touchées. J’ai toujours de la difficulté à éprouver quoi que ce soit pour les disparus. Une fois disparu, on ne sent plus rien. Non, ce qui est difficile, voire pénible, c’est d’avoir à vivre sans les disparus. Ce sont les survivants qui attirent ma sympathie, c’est pour eux qui doivent bien continuer à vivre que c’est vraiment souffrant. C’est pour eux que nous allons au salon funéraire et/ou aux funérailles. Et dans certains cas, comme celui qui nous occupe aujourd’hui, il faut se rappeler … et que ce souvenir soit porteur de solution à toute cette violence et non prétexte ou nourrisseur de vengeance.


Je me rappelle, lorsque j’étais à l’université (début des années 80), j’ai entendu des jeunes (moi j’étais une vieille de plus de 35 ans …) dire, en parlant de nous : « qu’ils nous laissent tranquilles avec leur crise d’octobre, nous on s’en fout, c’est passé, c’est fini. » Et que l’histoire se répète? Non, il faut se rappeler et encore plus, essayer de comprendre. Et pour comprendre, il faut être capable de recul. Comprendre, c’est comme pouvoir poser le bon diagnostic : sans çà, impossible de trouver le bon remède.


Je me rappelle … quand j’ai entendu la nouvelle à la radio qu’un avion avait percuté une tour, je me suis empressée d’allumer le téléviseur à RDI … pour voir presqu’aussitôt le deuxième avion percuter l’autre tour. J’ai immédiatement compris que ce n’était pas des accidents … comme la majorité des gens je suppose. Ma première pensée a été « Wow! Quelle organisation! » … ma deuxième pensée a été « On ne peut prétendre se mêler des affaires de tout le monde et imposer son style de vie et ses valeurs sans se faire des ennemis. » … et enfin je me suis dit que beaucoup d’individus (la plupart)  innocents avaient payé de leur vie le coût de cette « organisation » et de cette « politique » de merde. Et je suis désolée d’avouer qu’aujourd’hui encore c’est ma façon de voir les choses sauf que mon blâme pour la politique vient avant la qualité de l’organisation … parce que les innocents qui ont payé de leur vie ont d’abord été les victimes de cette politique de merde.  Et toutes ces familles qui doivent vivre leur deuil … ce sont les pires … je veux dire, les plus grandes victimes quant à moi. Et il est très difficile pour bien des gens de prendre du recul et encore plus quand on est victime (et qu’on se complaît dans cette position).  Alors se souvenir, oui ... encore que ce soit littéralement impossible d’oublier ... mais que les plus jeunes soient informés, qu’ils puissent faire partie de la solution …


Je suis consciente aussi que plusieurs ne vont pas comprendre mes réactions. Et je pense que c’est normal. Je suis comme je suis, je suis qui je suis et je ne vais ni m’excuser, ni me sentir coupable ou inadéquate, ni me justifier.  Certains diront que c’est parce que je n’étais pas personnellement touchée. Ils se trompent. J’avais eu le même genre de réaction lors de l’évènement de Polytechnique alors que les victimes étaient, comme moi, des femmes québécoises.  J’ai eu une réaction aussi rationnelle quand, au Grand Théâtre, alors que j’attendais mon chéri parti stationner l’auto, on est venu me chercher dans le hall d’entrée en me disant que mon chéri s’était senti mal. Le personnel semblait tellement stressé que je me suis levée calmement avec le sourire en me disant que, de toute façon, quoi qu’il en soit, je verrais bien de quoi il en retournait. Je suis qui je suis et je me dis toujours qu’il ne sert à rien de paniquer avant de savoir. Et, ce soir là, au Grand Théâtre, je devais être la personne la plus calme de l’environnement immédiat. Ce n’est que plus tard dans la soirée, à l’urgence, que je me suis dit que je devais avoir l’air d’une femme froide dénuée de toute émotion. Quand j’en ai parlé à mon chéri, il m’a dit que si j’avais réagi autrement, il ne m’aurait pas reconnue et qu’il aurait aussi réagi d’une façon semblable. Nous sommes qui nous sommes. Et nous nous comprenons. C’est ce qui compte. Dieu merci, nous ne croyons à la vengeance ni l’un ni l’autre car ce serait vraiment une vengeance très froide … !!!


Tout çà pour dire qu’il me semble indispensable de garder la tête froide et de prendre du recul, de comprendre pour trouver la réaction la plus appropriée … qui n’était sans doute pas la guerre. D’ailleurs, pour en revenir à la politique de merde, que ce soit aux États-Unis ou au Canada, quand on parle des déficits incroyables, on passe volontiers sous silence le coût ($$$) de ces guerres …


Le 11 septembre 2011 … il y a 10 ans, ma cousine Louise voyait maman pour la dernière fois. Je pense que ce doit être ce jour là que maman a dit à ses sœurs et à Louise qu’elle pouvait mourir tranquille parce qu’elle savait que j’étais enfin heureuse. Il faut dire que maman adorait mon chéri … Elle est décédée le 1er octobre suivant September 11th … victime du cancer … pas d’attaques terroristes … et j’ai pensé plus à elle cette année que toutes les autres années … pourquoi? j’ai ma petite idée là-dessus … et je la garde pour moi et mes proches.

Par Maryse - Publié dans : relations humaines
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Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 18:29

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Même si les vacances sont officiellement finies depuis une semaine, j'ai l'impression qu'elles finissent aujourd'hui. Peut-être est-ce dû à ma légendaire lenteur ... ou le fait que fiston et sa douce finissent aussi leurs vacances aujourd'hui ... qu'importe, c'est comme çà. Contrairement à ce que j'aurais aimé, j'ai peu écrit et peu lu. J'ai cependant passé plus de temps que prévu avec mes proches, avec monsieur Jérémy entre autres ... et, bien sûr, avec mon chéri, disons plus de temps de qualité, à simplement apprécier et profiter de la présence l'un de l'autre ...


Semaine étrange aussi. Sans que je sache trop pourquoi, je pense plus à maman depuis environ un mois. Puis cousine Hélène qui publie une photo de son frère (tellement beau ce Steve) décédé accidentellement à l'âge de 15 ans, il y a 31 ans, la journée même de l'anniversaire de sa mère ...Bien sûr que j'y pense à chaque année mais je me contente de souhaiter un joyeux anniversaire à Nicole sans jamais faire allusion à la perte de son fils. Pourtant, je sais bien qu'elle a fait son deuil, qu'elle peut en parler facilement, qu'elle y pense même si nous n'en parlons pas la journée de l'anniversaire ... Je pense que c'est la journée, ce 19 août 1980, où je me suis sentie le plus loin des miens (j'étais alors en Grande-Bretane pour l'année et maman m'a téléphoné pour m'informer) ... Je ne sais pas pourquoi je suis davantage en contact avec ces deuils depuis un certain temps, pourquoi je remarque plus souvent que des personnes de ma génération meurent ... Le concept de vieillesse reste subjectif je suppose. Je n'ai pas connu mes grands-parents Lafleur. Grand-maman Dumais est partie quand j'avais 4 ans et deux mois ... Grand-papa est décédé après mon premier mariage mais je ne me suis jamais sentie très près de lui et, de toute façon, il était aussi jeune de caractère ... alors les "vieux" que j'ai connus sont mes parents. Chacun était l'aîné de sa famille et maman était était tellement jeune de coeur et d'esprit ... et papa, à 88 ans, est plus en forme que moi je pense ... Bien sûr j'ai connu mes premiers beaux-parents qui avaient, en fait, l'âge de mes grands-parents. Je les trouvais vieux mais je me disais que c'était une question de culture familiale ... car contrairement à eux et à la population de l'époque en général, mon grand-père Dumais était anti-duplessiste et anti-clérical et il est difficile pour moi, encore aujourd'hui, de me rappeler le Québec conservateur. En fait, c'est presqu'impossible car je n'ai pas été élevée dans un tel esprit. Je me rappelle, et c'est très vivant dans ma mémoire, ma titulaire en Éléments-Latins (secondaire 1 disons) nous avait dit ceci: "Vous êtes privilégiées car vous allez pouvoir épouser les hommes qui formeront l'élite de la société." Et moi, dans ma petite tête d'ado de 12 ans 10 mois, de me dire "Quoi? Il faut que j'épouse un homme important pour devenir quelqu'un? C'est stupide!" Et c'était en 1960 ... déjà, je n'acceptais pas,  parce que je ne comprenais pas, ce "statut particulier" de la femme ...

 

Vous pouvez penser que c'est une chance mais je vous affirme que c'est aussi un peu difficile de toujours se sentir aussi différente sans se dire que finalement, je suis toujours celle qui a raison donc sans développer ce fameux sentiment de supériorité. D'une certaine façon, je me sentais presque toujours un peu inadaptée et, pendant mes premières années de jeune femme,  je me suis sentie jugée, comme si de me reconnaitre les mêmes droits que les hommes faisait de moi une ... femme facile? frivole? parce que j'allais vers mes compagnons d'étude aussi facilement que vers mes compagnes d'étude ... Je trouve encore la société québécoise un peu constipée ... alors imaginez vous il y a quarante ans ... Comme on dit en langage populaire (un langage que je ne maitrise pas très bien, excusez m'en) "quand les bottines ne suivent pas les babines ..." Les gens aiment bien tenir de propos ouverts et modernes mais qu'en est-il dans leur quotidien? Ça me rappelle cette caricature que mon directeur de thèse avait dans son bureau ... "Tu sais ma petite fille, tu peux faire tout ce que tu veux dans la vie même si tu es une fille." "Je sais papa, je veux devenir neuro-chirurgienne." "Ben quand même, n'exagère pas!" ... ça illustre très bien mon propos ...

 

Autre sujet ...


Mon état général de santé continue de s'améliorer lentement (lire: je m'essoufle un peu moins facilement) et je commence à perdre du poids (environ 4 livres pour les 3 dernières semaines). Je me pèse à tous les jours mais je ne prends pas ces informations trop au sérieux: j'observe une tendance plus que le poids de la veille. Se peser à chaque jour est fortement déconseillé pour les anorexiques car ça devient un truc obssessionnel. Je me méfie des obsessions et c'est pourquoi je ne fais pas de journal alimentaire. Mais oui, je me pèse presqu'à chaque jour (5 ou 6 fois par semaine) car, je l'admets, ça m'encourage d'observer la tendance. Bon, je pourrais dire que aussi que ça me permet de réagir plus vite si la tendance s'inverse mais disons que je suis plutôt raisonnable en ce domaine. J'ai compris que je ne serais jamais parfaite et je choisis mes imperfections dans la mesure où c'est possible. Il serait sans doute plus juste de dire que je choisis mes combats et, plus précisément, mes stratégies: il vaut mieux y aller lentement et persévérer que d'y aller agressivement puis abandonner. De toute façon, il est démontré que le phénomène du yoyo est plus nocif que le surplus de poids. Et comme je vise davantage des objectifs de santé que d'apparence ...

 

Un dernier mot ...

 

Cette copinaute (j'aime bien le terme qui me convient davantage que le mot "ami" dont on abuse de façon indue sur le net) qui est triste à la pensée que son grand-père souffre de solitude et qu'il lui est très difficile de le visiter en raison de la distance (elle n'a pas de voiture et ne conduit plus) ... et Stanley Péan qui a écrit une si belle page sur son blog à la mémoire de Gil Courtemanche ... je suis très empathique face à de telles "confidences" ... çà aussi contribue à cette espèce de nostalgie qui m'habite depuis un certain temps.  Le mot "nostalgie" n'est pas le mot juste mais je n'arrive pas à trouver mieux ... mélancolie peut-être? Mais alors ... légère mélancolie ...Et, ma chère Audrey, si je le pouvais, je te conduirais avec plaisir pour que tu puisses passer une journée avec ton grand-père ... disons tout de même que ça dépend où il est car Sept-Iles ou l'Abitibi, c'est un peu loin en effet ...

 

Pour mon projet d'écriture, je pense qu'il vient de prendre un virage intéressant car je le sens plus ... je voulais tellement éviter de faire de l'auto-fiction que je n'écrivais que du bout des doigts. Or un thème qui me poursuit depuis quelques années m'a rattrapée de façon bien intéressante ... une sorte d'aventure bien loin de ma vie et de qui je suis ... et la formulation (ou le style? peu importe)  m'est venue ... le cadre aussi ... donc je me lance à nouveau. Ce que j'ai fait auparavant n'est pas perdu mais prendra une autre dimension ...

 

Voilà pour aujourd'hui ...

 

p.s. la photo, je l'aime ... Kirkstone Pass, Great-Britain ... somewhere between august 80 and july 81 ...

Par Maryse - Publié dans : journalintime
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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 13:39

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Écrire ici, sur ce blog, après ou avant avoir "écrit", c'est comme, pour un facteur, marcher lentement après ou avant sa journée de travail, passée à marcher pour distribuer le courrier. Errer sans but précis et prendre le temps de voir, de respirer, de sentir le soleil ou le vent sur sa peau et en jouir. C'est Être, plus que Faire, même s'il faut parfois Faire pour sentir qu'on est. J'ai parfois l'impression, quand j'écris juste pour le plaisir, de gaspiller des mots que j'aurais pu rentabiliser autrement. Mais je déteste autant le mot que l'obsession de rentabiliser (ou de rentabilité). S'il faut vraiment Faire parfois pour sentir qu'on est ou qu'on a le droit d'Être, il faut d'abord Être avant de Faire. Et surtout, il ne faut pas confondre Être et Faire. Il ne faut pas confondre l'Action et l'Agitation.


Je sais aussi que lorsqu'un écrivain travaille à une oeuvre, surtout à une oeuvre de fiction, cela prend tout son temps et qu'il n'a guère le temps de lire ou alors, tout simplement, ne le prend pas. Ça me paraissait très sensé mais, probablement parce que je ne fais pas encore de l'écriture ma "profession", je ne vois pas pourquoi écrire m'empêcherait de lire.  Même les plus grands chefs ont aussi besoin de manger à tous les jours et plutôt trois fois qu'une! Bon, ils passent davantage de temps à cuisiner qu'à manger mais tout de même ...


Quoiqu'il en soit, j'ai décidé que, dorénavant, je ne ferai que ce qui me plaira ... ou presque! C'est-à-dire que si je veux bien m'obliger (en quelque sorte) à écrire quelques heures par jour, au moins cinq jours par semaine, je ne vais pas m'empêcher de lire, pour me sustenter quelque peu, ni même d'écrire ici, pour me délier la main.

Voilà pour aujourd'hui. À plus ...

Par Maryse - Publié dans : journalintime
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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 01:28

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Mon chéri est en vacances. Nous sommes partis quelques jours à l'Isle-aux-Coudres et ça nous a fait le plus grand bien. Bon, ça n'a pas été comme nous l'avions pensé car nous avions oublié le sac dans lequel étaient nos livres (nous lisons beaucoup en vacances). Je n'avais qu'un seul cahier d'écriture (pourquoi en aurait-il fallu davantage?). Et nous avions le portable. J'ai donc pu écrire un peu mais je me suis surtout reposée. Étrangement, tout à fait par hasard, on nous avait donné la même chambre que l'an dernier. Moins dépaysant mais ce n'était pas si mal de se sentir un peu comme chez soi. En tout cas, j'ai dormi comme un bébé, même en faisant parfois des siestes. Ce doit être l'air du fleuve qui me fait toujours le plus grand bien. Comme à chaque fois que je vais dans Charlevoix, je suis allée acheter des fleurs de soie à la boutique de fleuriste. Mon cousin Gaston avait bien raison je crois: on y trouve de très belles fleurs artificielles et, étrangement, on a de la difficulté (lui et moi en tout cas) à en trouver d'aussi belles ailleurs (lui dans la région de Montréal et moi à Québec). Le retour n'est jamais très amusant: tout ranger, mettre le courrier à jour, faire l'épicerie et quelques autres petites commissions. Nous sommes revenus hier en début d'après-midi et je peux dire que maintenant, tout est à peu près rangé. Demain, mon chéri ira faire l'épicerie pour ses enfants et tondre la pelouse à la maison. Je serai seule ici tout l'avant-midi. Il y a tout de même huit jours que ça ne m'est arrivé. J'ai l'impression que je vais me retrouver, enfin, retrouver du temps juste pour moi, du temps pour vraiment écrire. C'est que ça mijote dans ma petite tête. Et que Dominique avait raison (ce que je soupçonnais de toute façon): écrire demande aussi de la solitude. J'ai déjà des choses à changer dans mon histoire mais je ne vais pas les changer maintenant. Je vais continuer à raconter et les changements de décor, ça peut attendre. De toute façon, je n'ai aucune illusion: je sais bien que je vais devoir ré-écrire et ré-écrire et ré-écrire ... j'espère seulement que le deuxième jet sera celui qui me demandera le plus de corrections et/ou de réorganisation et que les suivants serviront vraiment à peaufiner. Enfin, le temps le dira. Pour le moment, raconter est suffisant.

Demain après-midi, nous irons à Neuville pour le symposium de peinture. Ce n'est pas très loin et ça nous permettra de rencontrer un peu de monde. Il faut dire que mon chéri n'est pas l'être humain le plus sociable que je connaisse. Je pense qu'il pourrait être des mois sans rencontrer des gens et n'en souffrirait pas. Moi, j'ai besoin de voir du monde, de parler et d'échanger. Ça me nourrit. Et, sans que ce soit mon but premier, j'aime bien observer les gens. En même temps, il me faut bien reconnaitre que si j'ai besoin de sortir (ça date de mon enfance ...), c'est un besoin qui se fait plus rare et auquel s'est ajouté le besoin de revenir dans mon nid et çà, c'est très nouveau. Lorsque j'étais enfant, puis adolescente, maman disait que je semblais être bien seulement quand je n'étais pas à la maison. Puis mon ex me disait la même chose. Et ils avaient bien raison. Ce qui a changé maintenant, c'est que je me sens acceptée inconditionnellement (contrairement à ma précédente union) et que je me permets de prendre ma place (l'ainée d'une famille nombreuse qui a voulu se faire petite pour que tout le monde ait sa place et surtout que maman n'ait pas trop de travail). L'apprentissage n'a pas été facile et n'est sans doute pas complété mais j'ai l'impression que je commence vraiment à respirer et dieu que c'est bon.

RESPIRER!!! Étrange tout de même que dans la dernière année je me sois payé (...) deux bronchites sévères et une pleurésie atypique (i.e. dont on ignore la cause et qui, étrangement, s'est résorbée par elle-même sans non plus que l'on comprenne pourquoi). Il faut croire que j'ai la tête bien dure et qu'il m'est plus difficile d'apprendre la vie qu'il ne m'a été difficile de poursuivre mes études ...Au fond, je sais très bien qu'apprendre à vivre, ça prend toute la vie. L'important, ce n'est pas la vitesse, c'est de continuer à avancer. Il semble que je sois plus douée pour le marathon que pour le sprint ...

Sur ce, portez-vous bien. J'en ferai autant.

Par Maryse - Publié dans : journalintime
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Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 15:25

Une autre semaine qui commence.

Au réveil, j'avais l'impression que ce ne serait qu'un petit lundi, du genre où je fais tout lentement, où tout me demande un effort, où je fais les choses bêtement parce qu'il me semble que c'est ce que je dois faire. Je me rappelle avoir demandé une information à une amie, par courriel et je me dis que je vais juste voir si j'ai reçu sa réponse. Point de réponse mais un très court courriel d'une amie dont je m'inquiétais de la soudaine absence sur facebook. Elle me confie être en période de séparation et en souffrir. Ça m'a touchée car notre relation n'appelait pas une telle confidence. Je pense à elle.

Puis, tant qu'à être à l'ordinateur, petit détour sur Facebook où, encore une fois, je croyais ne passer que 5 ou 10 minutes. J'y suis restée une heure! À lire d'abord quelques lignes de ma belle Julie, puis une très bonne critique par Dominique Blondeau du roman Parapluies de Christine Eddie, un livre à lire (encore!), quel bonheur. Et enfin, j'ai encore participé à un genre de débat sur un commentaire, combien insignifiant et insensible, de Richard Martineau sur le décès d'Amy ... commentaire rapporté par Jean Barbe et Pier Tibo. Il y a des moments où participer à de tel débats me semble une perte de temps plutôt insignifiante mais je le fais parce que je n'ai pas le coeur au travail comme on dit. La plupart du temps cependant je le fais par intérêt et c'était bien le cas ce matin. Je suis retournée sur la page de Jean Barbe parce que j'avais l'impression d'avoir manqué certaines de ses publications dernièrement. J'ai lu avec un grand intérêt sa chronique "Sauter des bouts" (sur Canoe)  (http://www.canoe.com/divertissement/livres/chroniques/jean-barbe/2011/07/21/18449956-ca.html) .

J'ai eu le goût d'écrire cette page et voilà qui est fait. Je vais maintenant m'éloigner de l'ordinateur pour petit-déjeuner et ensuite me consacrer à mon travail d'écriture (faire le plan et délimiter un projet de structure). Finalement, ce sera un beau lundi (encore plus maintenant que la canicule semble finie!).

Bon et fructueux lundi.IMG_0514.jpg

Par Maryse - Publié dans : journalintime
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Samedi 23 juillet 2011 6 23 /07 /Juil /2011 01:17

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Longue journée aujourd’hui. On nous avait avertis qu’il y aurait exercice d’incendie, dans l'immeuble où j'habite, entre 9 heures et 16 heures. Comme je devais me rendre chez mon médecin, sans rendez-vous, et que pour ce faire, il vaut mieux arriver vers 7 heures (premier arrivé, premier servi  et elle commence à 8 heures), que je voulais également rencontrer une amie pour le lunch, je me suis dit que je ne rentrerais pas de la journée pour éviter ce pénible exercice par une journée encore trop chaude et humide.

Avant de partir, je suis allée sur fraisebook comme dit monsieur Jérémy et j’y ai appris que ma belle-sœur Isabel vient de perdre sa mère. C’était plus ou moins prévu puisqu’elle souffrait d’un cancer des poumons qui se généralisait mais tout de même, ce n’est jamais une bonne nouvelle. Isabel a été très présente pour maman qui avait du être hospitalisée pendant environ 8 semaines en 1998. Je regrette seulement de ne pas avoir pu le lui rendre un peu . Maman est décédée la journée du 20è anniversaire de l’une de ses petites-filles et madame Comtois est décédée la journée de l’anniversaire de l’une de ses petites-filles (ma nièce) Karèle.Enfin, comme on dit, "c'est la vie" (je déteste ces mots stupides, inutiles et faux) et je suis partie pour la fameuse visite à la clinique.

Finalement, j'y suis arrivée vers 7 heures 15 et suis sortie du bureau vers 9 heures 10. Résultats de la rencontre : je dois perdre du poids (pas de nouvelle ici mais pas de pression de la part de mon médecin non plus) et prendre mes somnifères parce qu’il vaut mieux dormir et peut-être avoir à se sevrer ensuite que de ne pas dormir. Ce que je savais déjà! Mais je suis tellement habituée de ne pas dormir suffisamment que je m’y suis habituée même si ça m’ennuie. Donc ma première étape sera de recommencer à dormir raisonnablement. Je laisserai passer mes vacances avant de me mettre L-E-N-T-E-M-E-N-T à un régime de vie un peu plus sain, contrôler un peu mieux ce que je mange, surtout la quantité, même si je ne fais que rarement de vrais abus, boire davantage (je déteste boire de l’eau la plupart du temps donc je coupe avec des jus sans sucre ajouté) et commencer à marcher (trop chaud et humide maintenant).

Me suis ensuite offert un délicieux petit-déjeuner au St-Germain à Sillery. J’ai ensuite rejoint mon amie à la Place Ste-Foy. Nous avons beaucoup bavardé. Je ne l’avais pas encore vue depuis son retour de son voyage annuel chez sa maman (en France). Elle m’a rapporté un cadeau que je lui avais demandé. Je ne vous dis pas quoi encore car j’ai juste oublié de lui demander le nom de cet objet dont je lui avais expliqué la fonction. Vous saurez donc plus tard. En parlant avec mon amie, j’ai pris la décision de faire enfin le plan de ce roman que j’ai commencé (comme me l’avait conseillé une amie facebook qui a publié plus d’une fois) mais aussi de lire, pendant mes vacances, je devrais dire de relire les romans de Camus. J’ai également profité de cette petite randonnée « commerciale » pour acheter une paire de chaussures (en solde) chez FX LaSalle … puis je suis allée chercher mon chéri pour le retour à la maison.

Retour sur fraisebook … où un magazine demandait aux dames (…) quelle sorte de fesses elles ont : rondes, en poire ou plates … en parlant de plates … il y a de ces questions !!! Au moins les fesses ont une certaine utilité! Je lis également que, tel que je l’avais entendu aux bulletins de nouvelles (radio et télé) qu’on va faire appel pour le verdict du procès Turcotte … Je veux pleurer! Pas encore? Encore exprimer ma dissidence avec l’opinion populaire … NON – C’EST FINI – JE ME TAIS – Voilà, c’est dit.

Finalement, une belle journée tout de même. Depuis que j'ai pris mari et pays, je ne vois plus d’amies comme je le faisais auparavant. C’est passé des rencontres hebdomadaires à … hummmm … 6 ou 7 rencontres par année? C’est d’un ennui … enfin, je dois reconnaître que nous avons recommencé à nous voir (avec 3 amies de Victoriaville) environ une ou deux fois par mois de février dernier à la fin mai environ. J’espère que nous reprendrons en septembre. Sinon, je désseche!

Par Maryse - Publié dans : journalintime
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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 15:28

Qui peut répondre? Qui nous a montré à aimer? Et encore, qui se préoccupe de savoir aimer plus que d'être aimé? Je suis trop amère. Sans doute vaut-il mieux m'arrêter là. Mais je vais quand même publier en me disant que si ça peut amener une personne, une seule personne à réfléchir, à se questionner, ça aura valu la peine.

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Par Maryse - Publié dans : relations humaines
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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 02:09

 

 

Et oui, La Fumeuse, de Botero. Je l'ai vue et admirée au MNBAQ. J'adore ce que fait Botero. Et cette sculpture, je n'ai pas de mots pour la décrire. J'ai juste envie de la toucher, souvent, longtemps. Personnellement, je trouve les courbes très séduisantes. On dirait que le modèle à la mode pour les femmes depuis quelques années est fortement influencé par le modèle masculin: pas de hanches, pas de fesses, pas de cuisses (je pense même que les hommes ont de plus belles cuisses que les femmes) et pas de seins (enfin, pas trop). Mais ce n'est pas pour vous faire part de mes goûts en matière d'esthétique que j'ai choisi cette photo. Je l'ai choisie parce que c'est une FUMEUSE et que je la trouve très sensuelle.

 

J'ai arrêté de fumer le 1er février dernier et ça me manque encore. Honnêtement, malgré que ce soit si néfaste pour la santé et que ça pue, je m'aimais comme fumeuse. J'ai toujours aimé fumer, même quand je fumais un seul paquet par semaine. Une belle-soeur m'a même dit qu'elle n'avait jamais fumé mais que me voir fumer lui donnait le goût de commencer! Mon conjoint de l'époque me disait que ça avait l'air tellement bon qu'il ne comprenait pas que je ne fume pas davantage. C'est que je fumais par plaisir à l'époque. Il m'arrivait d'avoir envie d'en griller une mais de n'avoir pas le temps d'en profiter vraiment, alors je ne fumais pas. C'est comme prendre le temps de s'assoir et de déguster un café. Si on n'a pas le temps de déguster et de bien profiter, goûter ce moment, à quoi bon? Au fond, je suis une jouisseuse plus qu'une fumeuse je suppose. Je ne veux plus fumer. Peut-être pas pour les bonnes raisons. Je ne veux plus fumer parce que financièrement, je n'en ai plus les moyens et parce que je sais que ça nuit à ma santé. Déjà que j'ai des problèmes respiratoires, probablement dus en partie à mon problème de poids, et déjà que je souffre d'arthrose aux deux genoux, je ne vais pas en rajouter. Une autre motivation qui peut sembler bizarre, c'est que je me sens obligée de vivre le plus longtemps possible pour que mon fils ait sa mère le plus longtemps possible, et aussi pour sa conjointe et mes adorables petits-fils. Mon chéri? Il a déjà perdu une première conjointe dont il était éperdument amoureux et je sais qu'il survivrait encore. Nous en parlons à l'occasion mais nous sommes bien conscients que nous n'avons aucun pouvoir sur cette situation. Alors profitons de ce qui est bon et profitons-en le plus souvent possible. Il doit prendre sa retraite en janvier prochain et je n'en peux plus d'attendre. Il y a des moments où je me dis que j'ai vraiment commencé à vivre depuis que je suis avec lui. Et, pour le moment, je n'ai pas du tout envie d'en dire plus à ce sujet.

 

En novembre dernier, j'ai pourtant quitté sa maison. Je ne pouvais plus vivre dans cette maison. Je ne me le permettais pas. Mon chéri a vécu pour ses 4 enfants (qui avaient entre 8,5 ans et 13,5 ans quand ils ont perdu leur mère) et ne les a tout simplement pas vus grandir. Ses 3 fils sont encoreà la maison et  moi je n'en pouvais plus d'avoir à les supporter et surtout de ne pas avoir d'intimité.  Trop de différences de culture familiale, trop d'adaptations à faire pendant trop longtemps (10 ans! ). Je n'en pouvais plus et j'ai quitté. Et il m'a suivie comme je le souhaitais.

 

Tout çà pour dire que je trouve parfois, quand je m'arrête pour y penser, que j'ai eu beaucoup d'adaptations à faire dans ma vie. Je pensais que j'étais douée mais je crois avoir atteint ma limite. Comment on fait pour savoir si l'adaptation est souhaitable ou non? C'est plus facile à dire quand c'est pour quelqu'un d'autre parce que, la plupart du temps, on s'en demande plus à soi-même qu'on en demande aux autres. Quoi qu'il en soit, après la retraite en décembre 2009, mon départ de la maison en novembre 2010, mon hospitalisation en février 2011 et ma privation volontaire de la nicotine, je commence un peu à respirer. D'ailleurs, quand je trouve une situation trop difficile, c'est toujours mon expression: laissez-moi respirer, j'étouffe. Pour moi, la liberté, c'est pouvoir respirer. Ce qui revient à dire, je suppose, que pour moi, la liberté, c'est la vie ...

 

Enfin, comme beaucoup de monde, j'ai, depuis longtemps, le goût d'écrire. Un seul cours en création littéraire il y a environ 45 ans, quelques ateliers d'écriture qui m'ont plus ou moins satisfaite et surtout, pas beaucoup de discipline. J'allais ajouter que le manque de discipline, c'est l'histoire de ma vie mais ce n'est pas vrai. J'ai touojours été une étudiante studieuse, appliquée et perfectionniste (oui, oui, je sasis que c'est plus un défaut qu'une qualité! ). Retournée à l'université à 35 ans, j'ai vraiment mis le paquet. Moins d'un an après l'obtention de ma maitrise, ma pratique privée allait bien et j'ai commencé à enseigner avec un contrat de 3 sessions à temps plein. Je continuais à faire du bureau environ 3 soirs par semaine. J'étais alors très disciplinée, je n'avais pas vraiment le choix. Puis j'ai laissé la tâche diminuer au bureau. Avec le temps, la tâche a aussi diminué au cégep. Je me suis retrouvée avec un manque à travailler autant qu'un manque à gagner. Mais je n'avais vraiment pas le goût de faire des efforts pour que ça change. Ça n'a donc pas changé. Jusqu'à ce que je rencontre mon chéri. J'ai déménagé pour emménager avec lui. Puis j'ai ouvert un deuxième bureau dans ma ville d'adoption. Pendant quatre ans, j'ai voyagé à chaque semaine pour travailler 2 jours à Victoriaville. Je dormais chez mes parents. Et je travaillais 2 jours à Québec. Pendant ces années, maman est décédée d'un cancer des os après que papa en ait pris soin pendant environ un an. Année difficile s'il en fut. Puis l'adorable conjointe de mon fils est devenue enceinte. C'est à ce moment que j'ai décidé de fermer le bureau de Victoriaville. J'avais besoin de refaire le plein d'énergie et je voulais surtout en avoir pour pouvoir visiter mon petit-fils les fins de semaine. Une des meilleures décisions de ma vie. Quelle grande parenthèse! Juste pour dire que je me suis remise à la lecture d'une façon plus assidue et que maintenant, je commence à écrire d'une façon plus régulilère. La volonté que j'avais - que j'ai toujours - de ne plus fumer, je l'utilise maintenant pour écrire quotidiennement. Voilà. Je pense en avoir assez dit pour aujourd'hui. De reprendre ce blog me donne aussi l'impression de mieux respirer. Tant mieux. La respiration, ça peut aussi faire partie de l'inspiration ... en tout cas, c'est nécessaire, non?  ;-)

 

 

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Par Maryse - Publié dans : journalintime
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 16:41

Ma très chère Martha,

Quel plaisir de recevoir ta lettre aussi tôt après Noël! Et aussi d'avoir le temps d'y répondre. Pour répondre tout de suite à ta première question, j'ai passé un merveilleux Noël. En effet, mon amour d'Hubert a eu une l'excellente idée de louer une chambre d'hôtel dans le vieux Québec. Souper en amoureux le 24, suivi d'une soirée délicieuse que je ne me sens pas le besoin de décrire et, le 25, nous sommes allés marcher sur la Place Royale et, évidemment, avons pris tous nos repas au restaurant. Nous étions enfin seuls au monde et ce n'est pas si souvent que nous en avons la chance. Pour une fois, nous avons décidé de penser seulement à nous et de ne faire aucune concession. Mon Noël n'a donc pas été aussi social que le tien. Il semble donc que tu seras à nouveau grand-maman. Je comprend tes appréhensions face à ce Zachary. Et je sais bien que Julie est assez intelligente pour éprouver, en secret, des doutes que je trouve aussi bien légitimes. J'avoue avoir de la difficulté à comprendre vraiment comment certaines personnes se laissent encore séduire par des séducteurs et, j'en suis certaine, tu fais la différence entre séducteurs et hommes séduisants. Le fait est que les séducteurs sont, à tes yeux comme aux miens, tout sauf séduisants, si beaux soient-ils. Est-ce vraiment le fruit de l'expérience? Enfin, souhaitons que ta Julie ne soit pas trop éprouvée. L'avenir le dira. Il semble cependant que cet Emmanuel soit plutôt séduisant. Tant mieux pour Jo et souhaitons que ça durera aussi longtemps que possible. Les tentatives de Sébastien de reproduire la table que Marcel a faite juste pour toi m'ont bien fait sourire. À moins que ce ne soit ta façon de me raconter le tout.

Je vois que ta relation avec Marcel est toujours aussi satisfaisante ... ou l'est de plus en plus? Tu sais que je comprends très bien votre "chance" puisque c'est aussi ce que nous nous disons, Hubert et moi. Quelle chance, à l'automne de notre vie, de rencontrer enfin le grand amour, celui qui est aussi profond que libre, aussi amusant que sérieux. Et tu as bien raison: l'amour n'impose pas nécessairement la vie commune. Hubert et moi avois choisi la vie commune parce que nous avions, chacun de son côté, vécu seul pendant trop longtemps et nous avions envie d'autre chose. À chaque couple son histoire et ses besoins n'est-ce pas? Je suis certaine que votre petite escapade aux États-Unis sera des plus agréables et je vous souhaite sincèrement qu'elle puisse se réaliser.

Tu es peut-être surprise que je t'écrive en ce premier de l'an? Nous avons décidé, Hubert et moi, encore une fois, de nous faire plaisir aujourd'hui, du moins en matinée. Il a décidé de lire pendant que je t'écris. J'avais tellement envie de t'écrire maintenant, de ne plus négliger notre correspondance. C'est une désision que j'entends bien respecter (et non une "résolution"). J'apprécie infiniment tes voeux et je me permets, paresseuse comme je suis, de te les retourner ou plutôt de les partager avec toi. Il semble que chacune de nous connaisse enfin l'Amour (oui oui, l'Amour avec un grand A). De l'humour, tu sais bien que nous en avons déjà depuis longtemps. Du temps pour lire et écrire, il n'en tient qu'à moi puisque je suis maintenant maître de mon temps, c'est à moi de l'utiliser à bon escient et non de le gaspiller. C'est un peu la même chose avec ma santé, n'est-ce pas? Quant au plaisant et au brin de déplaisant, c'est en général mon lot. Le plaisant me vient de mon homme et de mes petits-fils (donc de mes hommes!) et le zeste de déplaisant, la vie s'en charge généralement mais, comme je le dis souvent, reprenant une vieille publicité d'un super-marché maintenant disparu, "c'est le total qui compte". Et au total, c'est le plaisant qui l'emporte (à cause de l'Amour).

Il faut que je te dise ce qui est relativement nouveau chez moi ou pour moi. Je suis certaine que, comme bien des gens, tu as entendu parler de la "simplicité volontaire". C'est une idée qui mijote dans ma tête depuis un certain temps mais, tu me connais, je ne suis nécessairement très douée pour la simplicité. Il faut dire que je n'ai jamais vraiment pris le temps de bien étudier le concept et que j'ai encore tendance à l'interpréter ou le comprendre comme une sorte de dénuement un peu miséreux, ce qui n'a rien pour m'attirer. Vivre simplement, je veux bien mais misérablement? Vraiment pas. Or imagine-toi que je viens d'acheter un livre qui semble bien suggérer un chemin qui me plait bien. Il s'agit de L'ART DE L'ESSENTIEL, de Dominique Loreau. Sous-titre: Jeter l'inutile et le superflu pour faire de l'espace en soi. ET bien, crois-le ou pas, je n'en suis qu'à la pge 29 et ça influence déjà mes choix et mes décisions.C'est un peu comme une application de cette idée que faire du ménage dans sa maison, c'est aussi faire du ménage en soi. Encore mieux, l'auteure y explique à quel point on travaille pour acquérir des biens dont nous devenons finalement les esclaves. Et aussi, ce qui me ressemble depuis quelques mois (ou mêmes quelques années), que le désordre dans une maison ou dans une pièce est une source de stress qui ne fait que s'amplifier avec le temps. Je t'épargne les citations, je pense que tu as compris. Ce qui me plaît dans les propos et propositions, dans les quelques pages que j'ai lues jusqu'à maintenant, c'est que, si je peux utiliser ces mots, la beauté, l'esthétique y est non seulement permise mais recommandée.  Enfin, il est vrai qu'il n'est pas nécessaire que l'esthétique soit onéreux et que le plus est souvent l'ennemi du bien. Enfin, on verra bien à la fin de cette nouvelle année ce que j'en aurai gardé.

D'ici là, je réitère ma demande ou ma suggestion: j'aimerais bien que nous puissions nous rencontrer ne seriat-ce qu'une journée mais TOUTE une journée. Comme mon emploi du temps est plus souple que le tien maintenant, je te laisse décider du moment qui te conviendra le mieux.

Je t'embrasse affectueusement et te souhaite une merveilleuse année 2010.

En toute amitié,
Véro.

Par Marise - Publié dans : Écrits
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 22:17
Ma très chère Martha,
je sais, il y a longtemps mais la vie a sa façon bien à elle de nous occuper à des choses que nous ne choisirions pas nécessairement de notre propre gré. Enfin, me voici avec un peu de temps, assez j'espère pour t'entretenir de mes préoccupations actuelles.
J'ai lu avec un intérêt que tu devines toutes tes lettres. Je voudrais bien être aussi assidue que toi mais il n'en est pas ainsi et j'apprécie que tu ne m'en tiennes pas rigueur.
Tu sais, j'envie ta relation avec Jo. D'ailleurs je t'envie d'être la grand-maman d'une adolescente. Parfois je me dis qu'être grand-maman, c'est une une compensation pour le fait d'être une maman (bon, ok, je souris en t'écrivant çà). J'envie aussi ta relation avec Marcel. Que tu puisses enfin penser à toi et vivre autre chose en dehors du travail et de la famille est quelque chose que tu mérites grandement. Enfin, ça t'arrive et je m'en réjouis.
Je vais bien. Je profite plutôt bien de mes premières semaines de retraitée. Je prends la vie plus doucement et j'ai l'impression d'enfin pouvoir me reposer même si, tu me connais, j'essaie aussi d'être disciplinée (tenue de maison, lecture, un peu d'écriture). Que c'est donc difficile de trouver l'équilibre entre la discipline et le lâcher prise, de bien discerner entre le repos et l'oisiveté. Je suppose qu'avec le temps, je finirai par trouver un rythme qui me satisfera vraiment. Pour le moment, évidemment, je reste disponible pour mon fils (qui est loin d'en abuser), ma soeur et mon frère. Celui-là ... C'est à se demander comment on peut être aussi différents l'un de l'autre quand on a eu les mêmes parents et la même éducation. Il faut bien reconnaitre que c'est un peu comme çà dans plusieurs familles. Mon cher frère! Imagine-toi. je le vois en cachette. Tu te rends compte? Tu sais comment il a trouvé difficile de continuer à vivre après le décès de sa Juliette et que, trop vite, il a trouvé une nouvelle compagne. Un vrai adolescent, incapable de vivre seul. Il me l'avait dit souvent d'ailleurs. Je me rappelle quand il m'a dit, c'était environ 3 mois après le décès de Juliette, qu'il trouvait que les femmes sont plus fortes que les hommes parce qu'elles savent mieux vivre seules. Il n'a pas tort et le contexte m'a retenue de lui dire que, selon moi, ce sont plus souvent les femmes qui demandent la séparation parce qu'elles sont celles qui sont le plus déçues de la vie à deux. Peut-être sommes-nous trop exigeantes? Peut-être aussi est-ce plus caractéristique de notre génération? Quoi qu'il en soit, ce cher Jean-Guy a rencontré Marielle sur un site de rencontre. Ils se sont rencontrés d'abord pour un café, puis le cinéma, puis ... bon, de fil en aiguille, ils ont fini par cohabiter pour ensuite se marier. Si seulement ça le rendait vraiment heureux mais j'ai bien peur que ça ne soit pas le cas. Il faut que je te dise que cette Marielle, c'est tout un numéro. Je t'avoue que je la trouve bien immature émotionnellement. Je ne sais pas ce qui a provoqué son divorce (mais cette fois je pense que c'est son ex qui a du la quitter!). Elle est possessive et jalouse. Je sais bien que c'est un signe d'insécurité mais j'ai toujours eu de la difficulté à faire face à la jalousie. Notre première rencontre en famille, c'était lors d'un souper que j'avais organisé pour lui souhaiter la bienvenue dans la famille, souper auquel assistaient seulement ma soeur Rita et son mari, Jules. Je sais bien que Rita n'est pas la femme la plus chaleureuse que nous puissions rencontrer mais elle sait tout de même vivre et je la trouve plutôt "adéquate" socialement. Et bien, lors de ce repas, Marielle a tout fair pour essayer de nous convaincre que Jean-Guy était l'homme de sa vie et qu'ensemble ils seraient très heureux. J'ai toujours eu de la difficulté aussi à concevoir qu'on puisse vrairment endre quelqu'un heureux si ce quelqu'un est peu doué pour le bonheur. Et je pense que Jean-Guy n'est pas très doué. Sa Juliette était une femme si douce et si aimante, elle l'aimait vraiment comme il était et ne se formalisait pas de ses périodes un peu plus mélancoliques ou de son manque d'enthousiasme. De l'enthousiame, elle en avait pour deux. Marielle, c'est autre chose. C'est le genre de femme qui a un besoin, que je qualifierais de pantagruelesque, de prendre de la place. Finalement cette Marielle c'est une germaine. Et quel homme peut-être heureux avec une germaine? Je sais bien que la germaine permet à son homme d'avoir l'impression d'avoir peu de responsabilités car elle les prend toutes mais quelle illusion! Sa responsabilité, c'est de ne pas décevoir madame, de la rendre heureuse et de lui laisser toute la place. Et lui, pendant ce temps, il s'étiole, il étouffe, il s'éteint à petit feu. Et c'est ce qui arrive à Jean-Guy. Marielle ne veut pas être au centre de la vie de Jean-Guy, elle veut être toute sa vie. Tant et si bien que, lentement et subtilement, elle a réussi à l'isoler de ses soeurs car, même nous, sommes considérées comme de la compétition. Comme si on ne pouvait aimer à la fois sa conjointe et ses soeurs. Le pire, c'est que lui n'y voit rien. Et je n'ai pas encore eu le courage de le lui faire voir. Son veuvage l'a suffisament éprouvé, je ne me sens pas la force de lui démontrer que ce deuxième mariage est une erreur. Je ne pense pas qu'il s'en remettrait. Je pense qu'il est vraiment incapable de vivre seul et qu'il est prêt à payer un énorme prix pour l'éviter. Je ne suis pas certaine qu'il en soit conscient cependant. Alors quand Marielle est au travail et qu'elle ne lui a pas laissé plein de tâches à faire dans la maison, il me téléphone ou vient me voir. Il ne reste jamais très longtemps (15 à 20 minutes) sous prétexte de ne pas me déranger. Merde! Je suis seule à la maison quand mon amour est au travail et je suis retraitée. Du temps, j'en ai! Il ne se plaint pas trop même s'il reconnait qu'elle lui en demande beaucoup parfois. Lui qui n'était déjà pas gros, il a encore maigri. Il doit s'imaginer que je n'ai pas remarqué que c'est lorsqu'elle n'est pas à la maison qu'il me téléphone ou qu'il me rend visite. J'ai beau ne m'être jamais sentie très près de mon frère, ça me peine tout de même de le voir ainsi. Avec la période des Fêtes qui arrive, que dis-je, qui est déjà amorcée, ça me rend la situation encore plus difficile. Cette année, c'était entendu que c'est moi qui reçois. Ai-je besoin de te dire à quel point ça ne m'arrange pas? Non pas que ça me soit pénible, ce serait nettement exagéré de le dire ainsi. Évidemment, mon fils y sera avec sa douce et leurs deux amours de fistons. Tu te rappelles sans doute que Jean-Guy est le parrain de mon fils. Ils s'apprécient et Jean-Guy aime bien rencontrer les petits. Quelle menace pour madame! Après tout, les enfants à Noël, c'est important. Je ne peux pas ne pas les inviter, c'est quelque chose que je ne ferais jamais à mon frère, mais, honnêtement, ça m'enrage de penser qu'à cause d'elle, nos Noëls ne seront plus jamais aussi joyeux. Rita et Jules y seront également, avec leur fille Mélodie (croirais-tu que Mélodie a déjà 16 ans?) qui, pour la première fois, sera accompagnée de son amoureux (Olivier, si j'ai bonne mémoire). Je te jure Martha, il y a des moments ou je souhaite que Marielle décline l'invitation au profit de sa propre famille. Je trouve toujours çà bien triste pour Jean-Guy mais, comme le dit si bien mon cher fils, qu'il assume ses choix. Et tant pis si nous en souffrons aussi ... ??? Je ne sais plus. Au fond, que peut-on faire d'autre que d'accepter cette situation que nous ne pouvons pas changer? À moins de nous transformer en germaines? Je souris encore. Mon fils a bien raison. Tout ce que je peux faire, c'est d'être là quand mon frère m'appelle ou me visite et de l'écouter, de l'entendre. Tu sais, tout ce dont je viens de te parler, je réalise depuis un certain temps, que c'est simplement une forme de violence conjugale dont ce sont peut-être plus souvent les femmes qui sont victimes. C'est ce qui m'aide à déterminer mon attitude avec mon frère.
Il se fait tard. Je vais te laisser bien vite hélas mais j'espère que nous pourrons bientôt nous voir. Une petite escapade d'une journée ou deux entre amies, ça te tente? Si ton Marcel t'en laisse le temps bien sûr. Le travail, la famille, les amours, ça ne devrait pas empêcher l'amitié (là, je rigole vraiment car je sais bien que je n'ai pas à te le rappeler). Comme je suis probablement plus libre que toi, du moins dans mon emploi du temps, je te laisse voir quand ça te conviendra le mieux. J'espère ne pas t'avoir ennuyée.
Je t'embrasse en toute amitié,
Véro.
Par Marise - Publié dans : Écrits
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