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Dimanche 2 août 2009

Je voudrais écrire à la main, sentir le plaisir de la plume qui glisse sur le papier. Profiter du temps qu’il faut pour écrire à la main. Pourtant je me force, je m’impose de saisir mes textes immédiatement à l’ordinateur. Pour ne pas perdre de temps à tout saisir plus tard mes manuscrits. Pourtant, il y a des moments où je refuse de composer parce que m’installer à mon ordinateur me semble tellement désincarné. Et je n’écris pas non plus à la main précisément parce que je ne veux pas prendre plus tard le temps de saisir mes textes à l’ordinateur. Trop souvent, quand je saisis mes manuscrits, je modifie mes textes. Je suppose qu’il n’y a là rien de bien grave mais j’ai alors encore davantage l’impression que j’ai perdu du temps à écrire à la main. J’ai un peu l’impression de me trahir moi-même ou de trahir mon manuscrit. Je suis bien consciente que de toute façon, même quand on écrit directement à l’ordinateur, on doit se corriger, réécrire, réorganiser, corriger. Que tout ça fait partie du processus. Est-ce que je me trouve simplement des raisons de ne pas écrire parce que je suis trop intellectuellement paresseuse ou ne me fais pas suffisamment confiance?

Pendant si longtemps j’ai rêvé ma vie au lieu de la vivre. Est-ce que, comme on me l’a déjà dit, j’ai peur du succès? Peut-être. Pourtant, rien ne prouve que j’écris ou écrirai un roman à succès … Peut-être que j’ai peur de l’échec … Mais ne pas être publiée, est-ce nécessairement un échec? Ce le serait sans doute davantage de ne pas avoir essayé. Alors je continuerai d’essayer. « Cent fois sur le métier … »

Par Marise - Publié dans : Écrits
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Dimanche 17 mai 2009

Très chère amie,
je t'ai un peu négligée et je m'en excuse mais la vie va si vite parfois. J'avoue me sentir encore très fatiguée et que ça commence à m'inquiéter, même que j'ai pris la décision de m'offir de longues vacances, 11 semaines, pour enfin prendre le temps de bien me reposer et rouver l'énergie de me mettre à la marche. Tu vois, même marcher, en ce moment, ça me demande trop d'énergie. Avoue qu'il y a de quoi s'inquiéter. Enfin, je ne vais tout de même pas nous imposer les ennuyeuses discussions sur les problèmes de santé qui marquent trop souvent le vieillissement. J'aime croire cependant que mon esprit et mon coeur restent jeunes. Nul n'échappe à un certain vieillissement mais tous ne vieillissent pas de façon semblable. Je suppose que ça a beaucoup à voir avec l'éducation et le milieu d'origine. Et je t'écris tout çà en pensant à la nouvelle conjointe de mon ex. Ça peut te sembler futile ou revanchard mais il n'en est rien. Cette femme a un impact sur mon fils et sa conjointe et ça me touche beaucoup. À qui d'autre que toi puis-je me confier vraiment à ce sujet?
Peu m'importe que, pour des considérations religieuses, elle l'ait convaincu de faire annuler notre mariage religieux. Je n'en ai que faire, tu connais ma position face à l'Église catholique que j'ai abandonnée depuis longtemps. Ce qui me dérange, c'est qu'elle considère mon fils comme de la compétition! D'abord pour l'héritage. Comme si mon ex allait laisser une fortune! Cette forme de jalousie ou d'envie la rend tellement désagréable avec Max et Marie. Elle prétend que mon fils est un enfant trop gâté et en enfant-roi, ce qui est complètement faux. Mon fils est très raisonnable et, de plus, un "enfant" reconnaissant qui n'a aucun besoin des biens de son père. En fait, lui et Marie sont des personnes que j'aime profondément et admire vraiment. Ils ont de belles valeurs et s'avèrent de merveilleux parents. Bien sûr qu'ils ne sont pas parfaits mais tous les gens que je connais les aiment. Ça doit bien vouloir dire quelque chose, non? Elle a poussé la méchanceté jusqu'à tenir des propos, aussi faux, stupides que méprisants, sur leurs habiletés parentales et sur mon petit-fils. Il avait à peine 18 mois quand elle a dit à mon ex que le petit avait des traits autistiques alors que cet enfant était, et est toujours, tellement affectueux. Elle prétend qu'il est mal encadré, souffre probablement d'un retard mental (démenti par les éducatrices en garderie bien que c'était évident qu'il ne l'est pas), qu'il sera un enfant-problème à l'école et deviendra sans doute un délinquant. Elle avait même prédit qu'il ne parlerait sans doute jamais ce qui, une fois de plus, ne s'est pas avéré. Bien sûr que ça me touche. C'est extrêmement blessant pour mon fils et Marie. Je n'ai pas besoin de te dire que de les voir aussi blessés me blesse aussi. Je trouve ça infiniment triste pour mon fils d'être en quelque sorte coïncé entre son père, dont il veut ménager les sentiments, et une belle-mère qui, ma foi, s'avère acariâtre. Et mon sentiment d'impuissance, que j'ai appris à accepter au travail, me pèse beaucoup. C'est pourquoi je me confie à toi. Il faut bien que les amies servent aussi à s'épancher, non? Je te vois sourire.
Tu me manques beaucoup ma Martha. Avec toi, comme avec mon nouvel amour, tout est si facile. C'est bien triste que trop de personnes ne puissent accepter les gens comme ils sont ni se permettre d'être elles-mêmes. Car il faut bien le reconnaître, les malheurs de la nouvelle conjointe de mon ex me rendent plus triste qu'enragée. Parce que, finalement, fiston, sa douce et leurs enfants auront une vie heureuse. Comme le disait Foglia dans une de ses chroniques, il y a environ 20 ans, le secret du bonheur, ce n'est pas d'être aimé mais bien de savoir aimer. Je sais bien qu'il est plus facile de savoir aimer quand on a vraiment été aimé mais certaines personnes qui n'ont pas été si bien aimées ont pourtant réussi à apprendre. J'en ai vu dans mon bureau et ailleurs.
Tu sais, t'écrire tout çà me fait prendre conscience que je suis entrai de me retrouver, de retrouver mon amour de la vie, un certain espoir dans le genre humain. Décidément, il faudra que je garde contact avec toi et avec tous ceux qui me ressemblent, avec qui j'ai davantage en commun. Il faut savoir où jeter les yeux ... peut-être que je l'avais oublié? Mais encore, je ne pense pas que jouer à l'autruche soit approprié. Au fond, c'est un faux problème: pas besoin de ne regarder que le triste et le laid, ils se rappelent à nous trop facilement. Il vaut sans doute mieux regarder ce qui est beau car, de toute façon, ne serait-ce que par les media d'information, le laid et le triste sont continuellement dans notre champs visuel périphérique.
Je t'aime beaucoup Martha. Je pense que tu le sais mais on ne dit pas ces mots assez souvent. J'ai la chance de les entendre à tous les jours. Il faudrait peut-être que je recommence à les dire à d'autres personnes qu'à mon amour? Vraiment, que tu sois dans ma vie est un bien grand bonheur.
Je t'embrasse tendrement ma très chère amie,
Véro.
Par Marise - Publié dans : Écrits
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Dimanche 29 mars 2009

Le 29 mars 2009

Ma très chère Martha,
quel plaisir de te lire. Je suis désolée d'avoir mis tant de temps à te répondre mais le travail et quelques ennuis de santé m'ont demandé plus d'énergie que je ne l'aurais cru. Ce n'est rien de grave, rassure-toi: un vilain rhume, des tests sanguins qui sont passés de mensuels à hebdomadaires et, comme si ce n'était pas assez, plus d'heures de travail. Je t'ai donc un peu négligée. J'espère que tu me le pardonneras.

Je te reconnais bien ainsi que ta petite famille. Je t'ai d'ailleurs toujours admirée de t'en être occupé comme tu l'as fait. Et j'avoue être très heureuse pour toi de ce point tournant dans ta vie. Retrouver ton espace et ta vie, il était plus que temps. N'avoir à considérer personne dans ta façon de vivre le quotidien et, encore mieux, dans l'organisation de tes loisirs, ce doit être un pur cadeau du ciel. Et tu avais bien raison de m'écrire. Moi aussi, en te lisant, j'ai l'impression de passer du temps avec toi. Je sais bien, on pourrait se téléphoner ou se visiter un peu plus souvent mais il y a, dans le geste d'écrire, quelque chose d'un peu zen. On peut prendre le temps voulu pour préciser sa pensée, s'interrompre pour répondre au téléphone ou à la porte ou alors commencer sa lessive sans que ça n'importune l'autre. On n'a qu'à se relire si besoin est et la suite coule de source comme on dit. C'est un peu comme réfléchir à voix haute ... ou à main courante ... sans être interrompue, c'est avoir le loisir de préciser ce qu'on veut bien préciser et, si on en a envie, faire du coq à l'âne sans que ça ait vraiment l'air chaotique ou désorganisée. Enfin, te lire ne me suffit pas: je veux aussi sentir ta présence en t'écrivant. Ne dit-on pas qu'un plaisir partagé n'en est que plus grand? Avec encore plus de retard que toi, je te souhaite aussi une très heureuse année 2009. Je vois d'ailleurs qu'elle s'annonce prometteuse.

Que ce doit être bon de pouvoir enfin avoir du temps pour toi, de pouvoir te redécouvrir. Les réactions de tes enfants m'ont en effet fait sourire. Nos enfants croient si bien nous connaitre. Nous, les parents. pour peu qu'on soit honnête, reconnaissons que nous ne savons pas tout d'eux. Généralement, leur jardin secret est immense face à nous. Et ils ont bien droit à leurs secrets et à leur propre territoire. C'est le fait qu'ils ne semblent pas nous reconnaitre les mêmes droits qui devient irritant parfois. On peut cependant en sourire. Après tout, à nous aussi, il a fallu des années pour comprendre qu'on ne connait jamais parfaitement bien quelqu'un. Malheureusement peut-être, ça commence avec soi-même ou alors avec le conjoint. Si l'un et l'autre n'évoluons pas dans le même sens, si nous oublions de garder ouvert le canal de communication, nous finissons par ne plus nous reconnaitre (à supposer que nous nous soyons déjà connus ... ) Tu me parles de ta générosité avec ceux que tu aimes. C'est vrai qu'il est parfois difficile de tracer la ligne entre générosité et servitude, entre amour et bseoin de contrôle ou dépendance. Çà aussi, il faut parfois des années souvent pour le comprendre. Et certains évènements qui correspondent, la plupart du temps, à ce qu'on appelle les "stades de la vie". Toi, tu sembles bien vivre ce que d'autres éprouvent comme "le syndrome du nid vide." Tu m'en vois ravie et pas vraiment surprise. J'ai toujours eu confiance, malgré ta propension à couver un peu trop ta progéniture, en ton autonomie et ton intelligence. Et je parle ici de ton attitude face à la vie et non de l'intelligence que j'appelerais académique. Je souris et j'ai l'impression de te voir sourire en me lisant. Je commence déjà à faire un peu, enfin, j'espère que c'est seulement un peu, du coq-à-l'âne. Est-ce si grave? À te lire et à t'écrire, j'ai l'impression d'apprivoiser enfin ma retraite,de prendre du temps pour moi, avec toi.  Car c'est là où j'en suis ma chère. Je t'explique.

Je suis très fatiguée. Non pas que je travaille tant mais, en y réfléchissant, j'ai réalisé que depuis maintenant plus de vingt-cinq ans, j'ai eu continuellement à m'adapter. Bien sûr, ces adaptations étaient parfois causées par de bien agréables évènements. Il n'en reste pas moins que je n'ai plus l'énergie que j'avais. Les maladies de maman, l'accompagner, ainsi que papa, dans ces maladies, son décès, la tristesse de papa ... mes ennuis de santé qui datent tout de même de plus de 10 ans, ma séparation, la rencontre de mon nouvel amour, la vie avec ses enfants, moi qui était habituée à vivre pratiquement seule, tout ça me donne l'impression que je n'ai pas arrêté de me battre. Ou d'avoir eu à continuellement faire des efforts. Alors oui, je suis fatiguée et j'ai le goût de m'arrêter. Je ne peux cependant pas me le permettre. D'abord pour des raisons financières et aussi parce que je ne me sens pas vraiment libre dans cette maison puisque les 3 fils de mon conjoint, ils ont de 24 à 29 ans, vivent encore avec nous. S'il-te-plait, épargne moi la tâche de t'expliquer pourquoi, c'est vraiment trop lourd et ça finit par me donner l'impression de m'apitoyer sur mon sort. Alors à quoi bon prendre une pleine retraite si c'est pour souffrir davantage de leur présence? Finalement, j'ai la possibilité de travailler chez-moi. Si tout va bien, en travaillant moins, j'aurai peut-être des revenus supérieurs puisque je n'aurai plus de dépenses pour le cabinet, ce qui inclut les déplacements et les repas au restaurant. Reste à voir si je saurai me discipliner. Depuis que j'ai quitté l'enseignement, j'avoue que j'ai beaucoup de difficulté à me discipliner. Enfin, l'avenir le dira. J'ai quand même la très grande chance d'avoir un mari qui, même losqu'il ne comprend pas, respecte mes sentiments et me laisse entièrement libre d'agir à ma guise. Inutile de te dire à quel point j'apprécie. Tu sais comment était mon ex mais de lui non plus je ne veux pas parler. J'aurais encore beaucoup à te dire mais je suis très fatiguée. Il est plus de minuit et je crois plus sage d'aller au lit maintenant. Sinon, ce coq-à-l'âne prendra de vraies allures de chaos.

Je t'embrasse et te dis à bientôt.

En toute amitié,

Véro.
Par Marise - Publié dans : Écrits
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Jeudi 19 février 2009


J'ai enfin retrouvé le plaisir d'écrire. Pas vraiment de créer mais plutôt de correspondre avec une amie. Pas de courriel. Du papier, une plume, de l'encre ... le plaisir de tenir la plume, de tracer les mots, d'exprimer ...

En plus de recevoir ses lettres, je reçois également les Lettres de Martha. Quelle idée orginale et charmante a eu Marie Laberge, une écrivaine québécoise (www.marielaberge.com). Pour un coût plus que raisonnable, les abonnées reçoivent une lettre à toutes les deux semaines de Martha, un personnage fictif, qui raconte son quotidien, les évènements auxquels elle fait face, comme le départ de sa fille et tout le temps retrouvé, tout le temps de se retrouver, les changements de ses activités quotidiennes, comment ses enfants y réagissent ... c'est vraiment intéressant. Ce sont des lettres d'environ 3 pages et, si j'ai bonne mémoire, on doit en recevoir 26. Bien sûr que j'ai le goût du répondre et, évidemment, on ne peut. Peut-être que je le ferai ici?

Sinon, quelques ennuis de santé, un peu plus de discipline. Les petits-fils sont adorables. Le fils aîné de mon mari est de retour à la maison. Étrangement, ça ne me dérange plus. 24 ans, travaille et étudie. 27 ans, la paresse incarnée. 29 ans, vient de perdre son emploi et en cherche un autre. Au fond, c'est mon mari que je plains. C'est lui qui s'inquiète pour l'avenir de ses fils. Je travaille 3 soirs par semaine et nous sortons tous les deux le jeudi soir alors je ne les vois pas si souvent. Septembre 2011: mon amour sera à la retraite. À nous deux la vie. Personnellement, je prends une semi-retraite en juin. Je ne ferai que des sonsultations téléphoniques. Plus de frais de cabinet, de déplacement ou de restaurant. Comment vais-je faire face alors à la présence de ces "enfants"? On verra. Un jour à la fois.

Pas énormément de travail mais je ne pourrais en faire plus considérant mon énergie disponible. Travail intéressant cependant. Et la seule amie que j'ai à Québec est en arrêt de travail depuis la mi-septembre. Alors nous essayons de nous voir à chaque semaine. Et je continue d'aller visiter mes petis-amours un mardi sur deux. J'ai simplement hâte de n'avoir plus à me déplacer pour le travail. Et je souhaite que mes ennuis de santé ne soient pas trop graves. Je devrais savoir d'ici une semaine.

À bientôt ... peut-être?
Par Marise - Publié dans : journalintime
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Lundi 29 décembre 2008


Il m’est difficile de m’astreindre à écrire régulièrement. Pourtant, ce n’est guère par manque de matière. J’essaie d’observer davantage en restant le plus neutre possible. Il est cependant difficile de rester neutre quand nous vivons en famille. Que ce soit ma famille ou la sienne ne change rien.

Il est difficile de tolérer l’intolérance. C’est un combat que je dois accepter de mener. Peut-être que dans ma vie passée, j’ai du faire part d’une tolérance extrême pour me protéger. J’ai parfois accepté l’intolérable. Aujourd’hui, je n’ai plus la même tolérance. Il est vrai que j’ai eu à m’adapter à des changements importants plus souvent qu’à mon tour. Je me sens épuisée. J’ai juste envie de calme et de paix. Sans vouloir faire de pléonasme, je dirais que l’agressivité m’agresse. Je n’arrive plus à la tenir à distance et, un peu naturellement, j’ai tendance à réagir aussi avec agressivité. Je commence cependant à pouvoir prendre un peu de recul, à analyser et à essayer de comprendre (après tout, c’est bien là l’objet de mon travail) et ainsi à devenir plus calme dans l’observation de cette agressivité.

Question sémantique : est-ce l’agressivité qui me dérange ou la violence? À coup sûr, le manque de respect. L’ingratitude et l’inconscience aussi. Et si cette véhémence n’était qu’un masque pour une souffrance profonde? Difficile à dire. Souffrance ou incapacité de s’exprimer adéquatement?

Nous vivons dans un monde de plus en plus individualiste et matérialiste. Un monde que je qualifierais volontiers de superficiel. Un monde où la compétition prédomine et où la coopération me semble avoir bien peu de place. D’ailleurs, quand je passe un commentaire qui va dans ce sens, on me dit que je suis idéaliste sinon carrément marginale. Pourtant, je connais des milieux où l’entraide et la coopération sont pratiquement les règles du jeu. Depuis trop longtemps pour ma (de plus en plus faible) tolérance, j’ai l’impression de vivre dans une jungle où chacun doit se battre, pour ne pas dire battre les autres, pour vivre ou survivre. Je n’arrive pas à comprendre. Est-il possible que le monde ait toujours fonctionné selon la loi de la jungle et que  c’est moi qui vivais dans un monde marginal? Est-ce vraiment une question d’éducation? Quoi qu’il en soit, il m’est difficile d’être passée du « tous pour un » au « chacun pour soi ».

Et si cette crise économique qui s’amorce n’était qu’un exemple (ou le résultat?) d’une telle façon de vivre? Quand je parle de partage, je me fais traiter de socialiste! Comme si, de toute façon, c’était un crime que d’être socialiste! « Moi, je sauve ma peau, toi, crève! » Qu’est-ce que cette façon de vivre? Où diable est passé l’humanisme? Où diable sont passés les humains? Animal raisonnable disiez-vous? Si je peux simplement devenir triste au lieu de devenir intolérante, agressive et amère, ce sera un grand pas dans la bonne direction.

Par Marise - Publié dans : Écrits
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Dimanche 28 décembre 2008


Il fait bon marcher par cette température vivifiante. Ça me fait apprécier tant les vêtements chauds et confortables que le retour à la maison. J'aime marcher parce que ça me permet de réfléchir sans risque d'être interrompue. Enfin, les risques sont minimes. Il faut souvent s'éloigner de tout mode de communication pour enfin pouvoir être présent à soi-même. Une forme de méditation en mouvement. Peut-être pas aussi efficace que le taï chi mais tout de même ... Encore faut-il savoir où marcher. Quoi que, bien souvent, on n'est jamais si seul que dans une foule. Rien cependant ne remplace le silence de la nature. Ou plutôt la présence de la nature. Car la nature est rarement tout à fait silencieuse. Un craquement ici, le son du vent dans les feuilles ou à travers les branches nues là, le chant d'un oiseau, le murmure d'un ruisselet ailleurs. parfois même le bruit crissant des pas dans la neige, tous ces sons, comme les odeurs et les sensations du froid ou du vent sur la peau du visage sont autant de manifestations de cette présence de la nature qui nous ramène, si on veut y venir, à la présence à soi.

Ces moments privilégiés de réflexion me permettent de prendre conscience du chemin parcouru et, souvent, m'indiquent la direction du chemin à parcourir. Je comprends mieux le vieil adage "un esprit sain dans un corps sain" maintenant. J'avais, j'ai toujours, l'impression que la plupart des gens prétendent rechercher un corps sain, mais cherchent en fait un beau corps et considèrent presque le gain d'énergie comme un bénéfice marginal. Alors pour ce qui est d'élever l'esprit, "faut pas rêver". Il est vrai que je n'ai qu'une piètre opinon des gens en général et c'est là quelque chose que je dois corriger éventuellement. À la perfection nul n'est tenu. Moi, j'ai commencé à marcher précisément pour trouver la paix de l'esprit et du coeur. Bien sûr, le fait d'ainsi améliorer mon état général de santé est également important. Et le fait que j'ai également perdu du poids est aussi appréciable mais c'est le loin le moins important des bénéfices.

D'une façon étrange, c'est ici, loin de tout et de tous, que j'arrive à trouver la meilleure façon de prendre ma place ailleurs, d'être plus tolérante mais aussi de mieux exprimer mes limites et mes attentes. C'est qu'il vaut mieux prendre le temps de s'arrêter. Et si on n'en prend pas la décision, on n'y arrive pas ou alors, jamais assez. On passe son temps à courir, à vouloir tout faire, à essayer de performer et on oublie de vivre et de célébrer la vie.  Comme si on courait inévitablement à sa perte. Comme si gagner sa vie, c'est trop souvent la perdre. S'arrêter, ce n'est pas "ne rien faire". S'arrêter, c'est juste arrêter de courir, de poursuivre des objectifs qu'on s'est laissé imposer par les autres, par la société, par les exigences, pas toujours justifiables, du travail. S'arrêter, c'est prendre le temps nécessaire pous s'assurer de faire les meilleurs choix possibles en fonction de nos propres critères, de nos propres besoins. Et nos besoins les plus importants ne se mesurent pas en termes monétaires. Que de temps perdu à essayer de combler ces prétendus besoins créés de toutes pièces par les publicités. Et pendant ce temps, la vie passe et nous échappe.

J'ignore pourquoi j'ai mis tant de temps à y arriver. Pourtant, les meilleures décisions que j'ai prises, je les ai souvent prises en me demandant de quoi je voudrais être fière dans ma vieillesse. Malheureusement, j'étais alors davantage en mode de survie. Malheureusement? Je pense que j'étais vraiment en mode de survie et que j'ai réussi. J'ai réussi à survivre et à m'en sortir suffisamment bien pour enfin commencer à vivre. Je m'étais peut-être laissée éteindre mais j'ai réussi à renaître. Je me suis, combien lentement, redonné la vie. À moi maintenant de la mener le mieux possible, de la réussir en fonction de mes propres critères et de mes propres objectifs.
Par Marise - Publié dans : Écrits
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Samedi 20 décembre 2008

Il y a longtemps, je sais. Mon nouveau petit-fils est né le 19 novembre. Tellement d'eau a coulé sous les ponts. Je suis souvent fatiguée. J'en suis rendue à dire que je suis fatiguée d'être fatiguée. J'ai donc pris la décision de ne plus faire de consultations à partir de mai ou juin. Enfin, j'ai un "founisseur" pour qui je peux faire des consultations téléphoniques: pas de cabinet à payer, pas de frais de déplacement, pas de repas au restaurant. Je pourrais travailler de la maison, sans avoir à me préoccuper de mon apparence, en prenant un café ou un jus ... et si j'arrive à obtenir 10 consultations par semaine, il me restera plus de sous que maintenant avec 12 à 15 consultations par semaine.
Moi qui aime la politique, j'ai été servie! Depuis les élections françaises, nous avons eu deux campagnes électorales au Québec et une au fédéral. Et je ne parle pas de l'élections d'Obama ... De plus, une première au fédéral, il pourrait y avoir un gouvernement de coalition! Enfin, on verra fin janvier ou début février.

J'avoue ne pas être davantage disciplinée que je ne l'étais. Ma vie est un long fleuve tranquille ... et un peu morose.
Dieu merci, cette année, la périodes des Fêtes sera moins fatiguante. Le réveillon chez papa le 24, recevoir les enfants de mon chéri le 27 et chez mes beaux-parents le 31. J'aimerais bien que ce ne soit que des vacances mais il y a beaucoup à faire: mes dossiers à mettre à jour, mes factures à envoyer, la maison qui demande un ménage comme c'est pas possible, sans compter la routine (lessive, repas, repassage que je remts depuis l'été, etc). Enfin, une chance que j'ai un amoureux qui soit plutôt zen, ça aidera. Et on mettra les garçons au travail .

Au cas où je ne reviendrais pas avant Noël, je vous souhaite à tous un Noël à votre goût, ennivrant ou reposant ... ou entre les deux .

J'oublias: pour devenir un peu plus zen moi-même, je me suis remise au tricot ... pour le petit Raphael.

À la prochaine.
Par Marise - Publié dans : journalintime
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Jeudi 25 septembre 2008


Un autre projet. Aboutira-t-il?

Je veux y mettre mes réflexions les plus fréquentes. Les partager si possible. Enfin, les exprimer et non en imposer les conclusions, à supposer qu'il y en ait. Au long de ma vie, certaines personnes m'ont fait bénéficier de leurs réflexions et je veux tout simplement permettre à quelques personnes de profiter des miennes. Mes petits-enfants? Au moment d'écrire ces lignes, je n'ai qu'un petit-fils âgé de 3 ans. Un autre est en route pour la fin novembre ou début décembre. J'aurais aimé un souvenir de ce genre de maman ou de grand-maman. Ce cadeau, je l'offre sans me faire d'illusions. Certains l'apprécieront, d'autres n'en auront que faire . Ça me va tout-à-fait.

C'est tout pour le moment. Je voulais simplement initier quelque chose, concrétiser cette idée qui me trotte dans la tête depuis quelques semaines. C'est fait. 
Par Marise - Publié dans : Écrits
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Jeudi 22 mai 2008

Le dépôt du rapport de la commission Bouchard-Taylor s'est fait il y a quelques heures. (pour plus d'informations, voir ici link)

Je me sens infiniment plus calme qu'hier, moins émotive. Quoi que ... entendre nos chers chefs politiques le commenter de façon partisane est plutôt exaspérant. Je ne vais pas commenter un rapport que je n'ai pas lu mais réfléchir par clavier interposé à la notion d'identité.

Il faut d'abord savoir que cette commission avait comme objet l'intégration des immigrants à notre société d'accueil ... sujet chaud s'il en est et pas seulement au Québec, je sais.

Personnellement, je n'ai pas vraiment de problème avec le multicuturalisme ou l'interculturalisme. Au contraire. Les différences, culturelles ou autres, ne menacent pas mon sentiment d'identité, culturelle, sexuelle ou autre. Il semble que plusieurs Québécois se sentent menacés par les différences culturelles ou religieuses. Il y a là quelque chose qui me semble appartenir à l'ignorance, c'est-à-dire au manque de connaissance ... La fameuse peur de l'inconnu, de ce qu'on ne connait pas, de ce qu'on ne comprend pas. Une peur qui mène trop souvent au rejet de l'autre, d'un simple revers de la main pour ainsi dire ... parce que c'est tellement plus facile que de chercher à comprendre. Et, quant à moi, un rejet qui s'explique par l'insécurité ... à cause de l'ignorance ou de la méconnaissance la plus triste qui soit: le manque de sentiment d'identité. Peut-être que c'est moi qui comprends mal l'identité québécoise. C'est fort possible. Principalement parce que je suis issue d'une famille, du côté maternel, qui n'avait pas beaucoup de valeurs communes avec la société québécoise de l'époque. En effet, dans un Québec qu'on décrit comme littéralement dominé par le clergé catholique, mon grand-père était fondamentalement anté-clérical. Dans un Québec dont la population était peu scolarisée, ce même grand-père a fréquenté l'école jusqu'à l'âge d'environ 17 ans. Dans un Québec où l'éducation supérieure était réservée aux garçons, ma mère a pu aller à l'école jusqu'à l'âge de 16 ans. Née en 1926, c'est à l'âge de 14 ans, donc en 1940, que ma mère est devenue, par choix et au gré de ses réflexions, féministe. J'essaie simplement de dire que je ne suis peut-être pas représentative de ma "nation". Et je me trouve un peu ridicule de parler ainsi car on ne peut réduire, me semble-t-il, une nation ou une identité nationale à quelques caractéristiques ou attitudes, si importantes soient-elles.

Comme psychologue, je suis davantage intéressée par le développement de l'identité personnelle ou individuelle. Et je n'ai nulle intention d'aborder le sujet d'une façon théorique. J'ai simplement le goût de dire que je sais qui je suis parce que je sais d'où je viens. J'ai appris à connaitre et surtout à accepter mes faiblesses autant que mes forces sans pour autant me dévaloriser. La question qui me vient donc est: d'où vient le peuple québécois?

Je ne suis pas certaine de pouvoir répondre. Car, je crois, ce qui nous construit, ce ne sont pas nos expériences mais bien ce que nous en faisons. Jusqu'à la "révolution tranquille" (voir sur Google pour mieux comprendre le concept), on a beaucoup décrit le peuple québécois comme un peuple de "porteurs d'eau". J'ai idée que le peuple québécois a été maintenu dans l'ignorance et la soumission tant par ses dirigeants politiques que par notre maudite sainte mère l'église (permettez moi le sacrilège d'oublier les majuscules). Je pense que c'est encore trop un peuple qui a une faible estime de soi: un peuple conquis par le Britanniques (les maudits Anglais et les méchants protestants), abandonné par la France ... et qu me semble, trop souvent, réagir ainsi: en enfant abandonné et conquis par l'ennemi. Bon. OK. Très heureusement, tous les Québécois ne sont pas aussi pathétiques et, je l'espère du moins, certainement pas la majorité. Mais que ce soit face à un peuple ou face à un individu, je me sens toujours mal à l'aise face à la "réaction". Je préfère de loin les gens (et les peuples) qui sont en action. Car être en réaction, c'est laisser à qui nous "manipule", à qui nous réagissons, le choix du trajet et/ou de la destination. Et vlan pour l'autonomie!

J'attends vos commentaires ... concitoyens québécois
Par Marise - Publié dans : socio-politique - Communauté : Blogueurs du Québec
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Samedi 17 mai 2008


Même si je me connais plutôt bien, je suis encore étonnée parfois par mes réactions. Depuis un peu plus de 6 ans,  j'ai un peu changé d'attitude face à la vie. Je suis devenue, me semble-t-il, moins tolérante, plus amère, moins optimiste, moins confiante face à l'avenir de l'humanité. Certains diront que je ne suis devenue que plus lucide mais ce qui m'importe, c'est que cette "évolution" ne me plait pas.

Quoi qu'il en soit, ce qui m'a agréablement surprise hier c'est de vérifier que je suis devenue moins émotionnelle. moins fébrile. plus zen et, peut-être, plus mature dans ma "relation" avec un ami à qui je dois beaucoup. C'est à lui que je dois d'avoir enfin trouvé le courage de mettre fin à une relation conjugale qui ne m'a jamais rendue heureuse. C'est un tout jeune homme qui a environ 2 ans de plus que mon fils. Et pourtant ... il a joué un rôle tellement important dans ma vie. Que tous ceux qui croient que les différences d'âge sont des obstacles importants à des relations vraies apprennent enfin que l'âgisme, comme toute forme de ségrégation, n'est que nuisance et illusion ... tout comme la croyance qu'il faut absolument se méfier de toute "rencontre" faite sur Internet. (J'en conviens, cependant: il vaut mieux être vraiment prudente). Car cette rencontre a d'abord été virtuelle mais vraiment très aidante et supportante pour moi. Puis, un peu plus de 6 mois plus tard, malgré que tout un océan nous séparait, je l'ai enfin rencontré face à face ... Depuis, nos contacts sont très sporadiques, au rythme d'un ou deux courriels par année. Parfois une carte de voeux pour le Nouvel An ... Mais si sporadiques soient-ils, ces contacts sont toujours aussi vrais.  Depuis deux ou trois jours, je me sentais un peu morose et je tentais de ne pas m'apitoyer sur mon sort comme j'ai tendance à le faire depuis quelques mois. Et voilà que je reçois un courriel de lui ... La teneur de ce courriel n'est pas d'intérêt public mais je réalise que je suis vraiment heureuse et même flattée que cette relation soit toujours vivante et "vraie". La réception de ce courriel a ramené le sourire sur mes lèvres et dans mon coeur.

Et toute passionnée que je sois par les relations humaines, pas plus que n'importe qui d'autre, je ne peux expliquer la raison "profonde" de mes relations les plus importantes. Pourquoi mon amour de mari m'aime-t-il autant et pourquoi je l'aime autant? Pourquoi ce jeune homme reste-t-il important pour moi? Pourquoi la conjointe de mon fils est-elle si importante pour moi? Ces relations sont pratiquement viscérales ...  L'Amour reste un phénomène bien mystérieux. Il ne reste qu'à le savourer ... pas vraiment besoin de comprendre.

Par Maryse Lafleur - Publié dans : relations humaines
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