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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 13:01
Julie avait raison: ce livre est vraiment bien écirt. Enfin, disons qu'elle et moi semblons avoir les mêmes goûts ou partageons une opinion semblable sur le "bien écrit". J'avais cependant arrêté ma lecture à la page 33 parce que, sans que ça ne nuise à la compréhension, je ne suis pas habituée d'être confrontée à cinq mots que je ne connais pas en si peu de pages. Julie m'a demandé quels étaient ces mots. Les voici dans leur contexte:

"Dans un monde où l'hubris du désir sera muselée ..."
"... en espérant que la dysphonie des deux phrases .. " (plus facile d'appréhender le sens ici)
"... quand, comme moi, on a le niveau d'une khâgneuse ..."
"Mon côté japonais penche évidemment pour le seppuku."
"Il s'agit d'un incunable .."

Après avoir consulté un dictionnaire (sur Internet, c'est tellement plus rapide), j'ai enfin repris ma lecture. Et même si j'en suis encore aux premières pages, je me permets de vous citer quelques lignes que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire.

"On croit à tort que l'éveil de la conscience coïncide avec l'heure de notre première naissance, peut-être parce que nous n'arrivons pas à imaginer d'autre état vivant que celui-là. Il nous semble que nous avons toujours vu et senti, et forts de cette croyance, nous identifions dans la venue au monde l'instant décisif où naît la conscience. Que, pendant cinq années, une petite fille prénommée Renée, mécanisme perceptif opérationnel doué de vision, d'audition, d'olfaction, de goût et de tact, ait pu vivre dans la parfaite inconscience d'elle-même et de l'univers, est un démenti à cette théorie hâtive. Car pour que la conscience advienne, il faut un nom.
Or, par un concours de circonstances malheureux, il apparaît que nul n'avait songé à me donner le mien."


C'est pas beau çà?
Par Marise - Publié dans : Mes lectures
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 16:16
Geneviève Bergeron, 21 ans
Hélène Colgan, 23 ans
Nathalie Croteau, 23 ans
Barbara Daigneault, 22 ans
Anne-Marie Edwards, 21 ans
Maud Haviernick, 29 ans
Barbara Klucznik-Widajewicz, 31 ans
Maryse Laganière, 25 ans
Maryse Leclair, 23 ans
Anne-Marie Lemay, 27 ans
Sonia Pelletier, 28 ans
Michèle Richard, 21 ans
Annie St-Arneault, 23 ans
Annie Turcotte, 21 ans

toutes les familles touchées, incluant la mère de Marc Lépine, tous les amis, proches ou moins proches, les collègues et membres de la communauté de Polytechnique ... que de victimes innocentes. Que de détresses, tant dans la cause que dans les conséquences.

Qu'ai-je fait depuis pour diminuer les probabilités que de tels actes se reproduisent? Qu'avez-vous fait? Que pouvons-nous faire encore?

Aimer nos enfants le mieux possible, développer plus de ressources pour les gens atteints de maladie mentale, tant pour les identifier que pour les aider, conserver le registre des armes à feu, et quoi encore? L'énormité de la tragédie ne doit pas nous assomer mais nous mobiliser, encore aujourd'hui, 20 ans plus tard.

JE ME SOUVIENS
Par Marise - Publié dans : socio-politique
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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 05:50

Le 29 mars 2009

Ma très chère Martha,
quel plaisir de te lire. Je suis désolée d'avoir mis tant de temps à te répondre mais le travail et quelques ennuis de santé m'ont demandé plus d'énergie que je ne l'aurais cru. Ce n'est rien de grave, rassure-toi: un vilain rhume, des tests sanguins qui sont passés de mensuels à hebdomadaires et, comme si ce n'était pas assez, plus d'heures de travail. Je t'ai donc un peu négligée. J'espère que tu me le pardonneras.

Je te reconnais bien ainsi que ta petite famille. Je t'ai d'ailleurs toujours admirée de t'en être occupé comme tu l'as fait. Et j'avoue être très heureuse pour toi de ce point tournant dans ta vie. Retrouver ton espace et ta vie, il était plus que temps. N'avoir à considérer personne dans ta façon de vivre le quotidien et, encore mieux, dans l'organisation de tes loisirs, ce doit être un pur cadeau du ciel. Et tu avais bien raison de m'écrire. Moi aussi, en te lisant, j'ai l'impression de passer du temps avec toi. Je sais bien, on pourrait se téléphoner ou se visiter un peu plus souvent mais il y a, dans le geste d'écrire, quelque chose d'un peu zen. On peut prendre le temps voulu pour préciser sa pensée, s'interrompre pour répondre au téléphone ou à la porte ou alors commencer sa lessive sans que ça n'importune l'autre. On n'a qu'à se relire si besoin est et la suite coule de source comme on dit. C'est un peu comme réfléchir à voix haute ... ou à main courante ... sans être interrompue, c'est avoir le loisir de préciser ce qu'on veut bien préciser et, si on en a envie, faire du coq à l'âne sans que ça ait vraiment l'air chaotique ou désorganisée. Enfin, te lire ne me suffit pas: je veux aussi sentir ta présence en t'écrivant. Ne dit-on pas qu'un plaisir partagé n'en est que plus grand? Avec encore plus de retard que toi, je te souhaite aussi une très heureuse année 2009. Je vois d'ailleurs qu'elle s'annonce prometteuse.

Que ce doit être bon de pouvoir enfin avoir du temps pour toi, de pouvoir te redécouvrir. Les réactions de tes enfants m'ont en effet fait sourire. Nos enfants croient si bien nous connaitre. Nous, les parents. pour peu qu'on soit honnête, reconnaissons que nous ne savons pas tout d'eux. Généralement, leur jardin secret est immense face à nous. Et ils ont bien droit à leurs secrets et à leur propre territoire. C'est le fait qu'ils ne semblent pas nous reconnaitre les mêmes droits qui devient irritant parfois. On peut cependant en sourire. Après tout, à nous aussi, il a fallu des années pour comprendre qu'on ne connait jamais parfaitement bien quelqu'un. Malheureusement peut-être, ça commence avec soi-même ou alors avec le conjoint. Si l'un et l'autre n'évoluons pas dans le même sens, si nous oublions de garder ouvert le canal de communication, nous finissons par ne plus nous reconnaitre (à supposer que nous nous soyons déjà connus ... ) Tu me parles de ta générosité avec ceux que tu aimes. C'est vrai qu'il est parfois difficile de tracer la ligne entre générosité et servitude, entre amour et bseoin de contrôle ou dépendance. Çà aussi, il faut parfois des années souvent pour le comprendre. Et certains évènements qui correspondent, la plupart du temps, à ce qu'on appelle les "stades de la vie". Toi, tu sembles bien vivre ce que d'autres éprouvent comme "le syndrome du nid vide." Tu m'en vois ravie et pas vraiment surprise. J'ai toujours eu confiance, malgré ta propension à couver un peu trop ta progéniture, en ton autonomie et ton intelligence. Et je parle ici de ton attitude face à la vie et non de l'intelligence que j'appelerais académique. Je souris et j'ai l'impression de te voir sourire en me lisant. Je commence déjà à faire un peu, enfin, j'espère que c'est seulement un peu, du coq-à-l'âne. Est-ce si grave? À te lire et à t'écrire, j'ai l'impression d'apprivoiser enfin ma pprochaine retraite,de prendre du temps pour moi, avec toi.  Car c'est là où j'en suis ma chère. Je t'explique.

Je suis très fatiguée. Non pas que je travaille tant mais, en y réfléchissant, j'ai réalisé que depuis maintenant plus de vingt-cinq ans, j'ai eu continuellement à m'adapter. Bien sûr, ces adaptations étaient parfois causées par de bien agréables évènements. Il n'en reste pas moins que je n'ai plus l'énergie que j'avais. Les maladies de maman, l'accompagner, ainsi que papa, dans ces maladies, son décès, la tristesse de papa ... mes ennuis de santé qui datent tout de même de plus de 10 ans, ma séparation, la rencontre de mon nouvel amour, la vie avec ses enfants, moi qui était habituée à vivre pratiquement seule, tout ça me donne l'impression que je n'ai pas arrêté de me battre. Ou d'avoir eu à continuellement faire des efforts. Alors oui, je suis fatiguée et j'ai le goût de m'arrêter. Je ne peux cependant pas me le permettre. D'abord pour des raisons financières et aussi parce que je ne me sens pas vraiment libre dans cette maison puisque les 3 fils de mon conjoint, ils ont de 24 à 29 ans, vivent encore avec nous. S'il-te-plait, épargne moi la tâche de t'expliquer pourquoi, c'est vraiment trop lourd et ça finit par me donner l'impression de m'apitoyer sur mon sort. Alors à quoi bon prendre une pleine retraite si c'est pour souffrir davantage de leur présence? Finalement, j'ai la possibilité de travailler chez-moi. Si tout va bien, en travaillant moins, j'aurai peut-être des revenus supérieurs puisque je n'aurai plus de dépenses pour le cabinet, ce qui inclut les déplacements et les repas au restaurant. Reste à voir si je saurai me discipliner. Depuis que j'ai quitté l'enseignement, j'avoue que j'ai beaucoup de difficulté à me discipliner. Enfin, l'avenir le dira. J'ai quand même la très grande chance d'avoir un mari qui, même losqu'il ne comprend pas, respecte mes sentiments et me laisse entièrement libre d'agir à ma guise. Inutile de te dire à quel point j'apprécie. Tu sais comment était mon ex mais de lui non plus je ne veux pas parler. J'aurais encore beaucoup à te dire mais je suis très fatiguée. Il est plus de minuit et je crois plus sage d'aller au lit maintenant. Sinon, ce coq-à-l'âne prendra de vraies allures de chaos.

Je t'embrasse et te dis à bientôt.

En toute amitié,

Véro.
Par Marise - Publié dans : Écrits
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Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /Déc /2008 16:45


Il m’est difficile de m’astreindre à écrire régulièrement. Pourtant, ce n’est guère par manque de matière. J’essaie d’observer davantage en restant le plus neutre possible. Il est cependant difficile de rester neutre quand nous vivons en famille. Que ce soit ma famille ou la sienne ne change rien.

Il est difficile de tolérer l’intolérance. C’est un combat que je dois accepter de mener. Peut-être que dans ma vie passée, j’ai du faire part d’une tolérance extrême pour me protéger. J’ai parfois accepté l’intolérable. Aujourd’hui, je n’ai plus la même tolérance. Il est vrai que j’ai eu à m’adapter à des changements importants plus souvent qu’à mon tour. Je me sens épuisée. J’ai juste envie de calme et de paix. Sans vouloir faire de pléonasme, je dirais que l’agressivité m’agresse. Je n’arrive plus à la tenir à distance et, un peu naturellement, j’ai tendance à réagir aussi avec agressivité. Je commence cependant à pouvoir prendre un peu de recul, à analyser et à essayer de comprendre (après tout, c’est bien là l’objet de mon travail) et ainsi à devenir plus calme dans l’observation de cette agressivité.

Question sémantique : est-ce l’agressivité qui me dérange ou la violence? À coup sûr, le manque de respect. L’ingratitude et l’inconscience aussi. Et si cette véhémence n’était qu’un masque pour une souffrance profonde? Difficile à dire. Souffrance ou incapacité de s’exprimer adéquatement?

Nous vivons dans un monde de plus en plus individualiste et matérialiste. Un monde que je qualifierais volontiers de superficiel. Un monde où la compétition prédomine et où la coopération me semble avoir bien peu de place. D’ailleurs, quand je passe un commentaire qui va dans ce sens, on me dit que je suis idéaliste sinon carrément marginale. Pourtant, je connais des milieux où l’entraide et la coopération sont pratiquement les règles du jeu. Depuis trop longtemps pour ma (de plus en plus faible) tolérance, j’ai l’impression de vivre dans une jungle où chacun doit se battre, pour ne pas dire battre les autres, pour vivre ou survivre. Je n’arrive pas à comprendre. Est-il possible que le monde ait toujours fonctionné selon la loi de la jungle et que  c’est moi qui vivais dans un monde marginal? Est-ce vraiment une question d’éducation? Quoi qu’il en soit, il m’est difficile d’être passée du « tous pour un » au « chacun pour soi ».

Et si cette crise économique qui s’amorce n’était qu’un exemple (ou le résultat?) d’une telle façon de vivre? Quand je parle de partage, je me fais traiter de socialiste! Comme si, de toute façon, c’était un crime que d’être socialiste! « Moi, je sauve ma peau, toi, crève! » Qu’est-ce que cette façon de vivre? Où diable est passé l’humanisme? Où diable sont passés les humains? Animal raisonnable disiez-vous? Si je peux simplement devenir triste au lieu de devenir intolérante, agressive et amère, ce sera un grand pas dans la bonne direction.

Par Marise - Publié dans : Écrits
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Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /Déc /2008 03:13


Il fait bon marcher par cette température vivifiante. Ça me fait apprécier tant les vêtements chauds et confortables que le retour à la maison. J'aime marcher parce que ça me permet de réfléchir sans risque d'être interrompue. Enfin, les risques sont minimes. Il faut souvent s'éloigner de tout mode de communication pour enfin pouvoir être présent à soi-même. Une forme de méditation en mouvement. Peut-être pas aussi efficace que le taï chi mais tout de même ... Encore faut-il savoir où marcher. Quoi que, bien souvent, on n'est jamais si seul que dans une foule. Rien cependant ne remplace le silence de la nature. Ou plutôt la présence de la nature. Car la nature est rarement tout à fait silencieuse. Un craquement ici, le son du vent dans les feuilles ou à travers les branches nues là, le chant d'un oiseau, le murmure d'un ruisselet ailleurs. parfois même le bruit crissant des pas dans la neige, tous ces sons, comme les odeurs et les sensations du froid ou du vent sur la peau du visage sont autant de manifestations de cette présence de la nature qui nous ramène, si on veut y venir, à la présence à soi.

Ces moments privilégiés de réflexion me permettent de prendre conscience du chemin parcouru et, souvent, m'indiquent la direction du chemin à parcourir. Je comprends mieux le vieil adage "un esprit sain dans un corps sain" maintenant. J'avais, j'ai toujours, l'impression que la plupart des gens prétendent rechercher un corps sain, mais cherchent en fait un beau corps et considèrent presque le gain d'énergie comme un bénéfice marginal. Alors pour ce qui est d'élever l'esprit, "faut pas rêver". Il est vrai que je n'ai qu'une piètre opinon des gens en général et c'est là quelque chose que je dois corriger éventuellement. À la perfection nul n'est tenu. Moi, j'ai commencé à marcher précisément pour trouver la paix de l'esprit et du coeur. Bien sûr, le fait d'ainsi améliorer mon état général de santé est également important. Et le fait que j'ai également perdu du poids est aussi appréciable mais c'est le loin le moins important des bénéfices.

D'une façon étrange, c'est ici, loin de tout et de tous, que j'arrive à trouver la meilleure façon de prendre ma place ailleurs, d'être plus tolérante mais aussi de mieux exprimer mes limites et mes attentes. C'est qu'il vaut mieux prendre le temps de s'arrêter. Et si on n'en prend pas la décision, on n'y arrive pas ou alors, jamais assez. On passe son temps à courir, à vouloir tout faire, à essayer de performer et on oublie de vivre et de célébrer la vie.  Comme si on courait inévitablement à sa perte. Comme si gagner sa vie, c'est trop souvent la perdre. S'arrêter, ce n'est pas "ne rien faire". S'arrêter, c'est juste arrêter de courir, de poursuivre des objectifs qu'on s'est laissé imposer par les autres, par la société, par les exigences, pas toujours justifiables, du travail. S'arrêter, c'est prendre le temps nécessaire pous s'assurer de faire les meilleurs choix possibles en fonction de nos propres critères, de nos propres besoins. Et nos besoins les plus importants ne se mesurent pas en termes monétaires. Que de temps perdu à essayer de combler ces prétendus besoins créés de toutes pièces par les publicités. Et pendant ce temps, la vie passe et nous échappe.

J'ignore pourquoi j'ai mis tant de temps à y arriver. Pourtant, les meilleures décisions que j'ai prises, je les ai souvent prises en me demandant de quoi je voudrais être fière dans ma vieillesse. Malheureusement, j'étais alors davantage en mode de survie. Malheureusement? Je pense que j'étais vraiment en mode de survie et que j'ai réussi. J'ai réussi à survivre et à m'en sortir suffisamment bien pour enfin commencer à vivre. Je m'étais peut-être laissée éteindre mais j'ai réussi à renaître. Je me suis, combien lentement, redonné la vie. À moi maintenant de la mener le mieux possible, de la réussir en fonction de mes propres critères et de mes propres objectifs.
Par Marise - Publié dans : Écrits
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Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /Déc /2008 05:56

Il y a longtemps, je sais. Mon nouveau petit-fils est né le 19 novembre. Tellement d'eau a coulé sous les ponts. Je suis souvent fatiguée. J'en suis rendue à dire que je suis fatiguée d'être fatiguée. J'ai donc pris la décision de ne plus faire de consultations à partir de mai ou juin. Enfin, j'ai un "founisseur" pour qui je peux faire des consultations téléphoniques: pas de cabinet à payer, pas de frais de déplacement, pas de repas au restaurant. Je pourrais travailler de la maison, sans avoir à me préoccuper de mon apparence, en prenant un café ou un jus ... et si j'arrive à obtenir 10 consultations par semaine, il me restera plus de sous que maintenant avec 12 à 15 consultations par semaine.
Moi qui aime la politique, j'ai été servie! Depuis les élections françaises, nous avons eu deux campagnes électorales au Québec et une au fédéral. Et je ne parle pas de l'élections d'Obama ... De plus, une première au fédéral, il pourrait y avoir un gouvernement de coalition! Enfin, on verra fin janvier ou début février.

J'avoue ne pas être davantage disciplinée que je ne l'étais. Ma vie est un long fleuve tranquille ... et un peu morose.
Dieu merci, cette année, la périodes des Fêtes sera moins fatiguante. Le réveillon chez papa le 24, recevoir les enfants de mon chéri le 27 et chez mes beaux-parents le 31. J'aimerais bien que ce ne soit que des vacances mais il y a beaucoup à faire: mes dossiers à mettre à jour, mes factures à envoyer, la maison qui demande un ménage comme c'est pas possible, sans compter la routine (lessive, repas, repassage que je remts depuis l'été, etc). Enfin, une chance que j'ai un amoureux qui soit plutôt zen, ça aidera. Et on mettra les garçons au travail .

Au cas où je ne reviendrais pas avant Noël, je vous souhaite à tous un Noël à votre goût, ennivrant ou reposant ... ou entre les deux .

J'oublias: pour devenir un peu plus zen moi-même, je me suis remise au tricot ... pour le petit Raphael.

À la prochaine.
Par Marise - Publié dans : journalintime
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Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /Mai /2008 22:21

Le dépôt du rapport de la commission Bouchard-Taylor s'est fait il y a quelques heures. (pour plus d'informations, voir ici link)

Je me sens infiniment plus calme qu'hier, moins émotive. Quoi que ... entendre nos chers chefs politiques le commenter de façon partisane est plutôt exaspérant. Je ne vais pas commenter un rapport que je n'ai pas lu mais réfléchir par clavier interposé à la notion d'identité.

Il faut d'abord savoir que cette commission avait comme objet l'intégration des immigrants à notre société d'accueil ... sujet chaud s'il en est et pas seulement au Québec, je sais.

Personnellement, je n'ai pas vraiment de problème avec le multicuturalisme ou l'interculturalisme. Au contraire. Les différences, culturelles ou autres, ne menacent pas mon sentiment d'identité, culturelle, sexuelle ou autre. Il semble que plusieurs Québécois se sentent menacés par les différences culturelles ou religieuses. Il y a là quelque chose qui me semble appartenir à l'ignorance, c'est-à-dire au manque de connaissance ... La fameuse peur de l'inconnu, de ce qu'on ne connait pas, de ce qu'on ne comprend pas. Une peur qui mène trop souvent au rejet de l'autre, d'un simple revers de la main pour ainsi dire ... parce que c'est tellement plus facile que de chercher à comprendre. Et, quant à moi, un rejet qui s'explique par l'insécurité ... à cause de l'ignorance ou de la méconnaissance la plus triste qui soit: le manque de sentiment d'identité. Peut-être que c'est moi qui comprends mal l'identité québécoise. C'est fort possible. Principalement parce que je suis issue d'une famille, du côté maternel, qui n'avait pas beaucoup de valeurs communes avec la société québécoise de l'époque. En effet, dans un Québec qu'on décrit comme littéralement dominé par le clergé catholique, mon grand-père était fondamentalement anté-clérical. Dans un Québec dont la population était peu scolarisée, ce même grand-père a fréquenté l'école jusqu'à l'âge d'environ 17 ans. Dans un Québec où l'éducation supérieure était réservée aux garçons, ma mère a pu aller à l'école jusqu'à l'âge de 16 ans. Née en 1926, c'est à l'âge de 14 ans, donc en 1940, que ma mère est devenue, par choix et au gré de ses réflexions, féministe. J'essaie simplement de dire que je ne suis peut-être pas représentative de ma "nation". Et je me trouve un peu ridicule de parler ainsi car on ne peut réduire, me semble-t-il, une nation ou une identité nationale à quelques caractéristiques ou attitudes, si importantes soient-elles.

Comme psychologue, je suis davantage intéressée par le développement de l'identité personnelle ou individuelle. Et je n'ai nulle intention d'aborder le sujet d'une façon théorique. J'ai simplement le goût de dire que je sais qui je suis parce que je sais d'où je viens. J'ai appris à connaitre et surtout à accepter mes faiblesses autant que mes forces sans pour autant me dévaloriser. La question qui me vient donc est: d'où vient le peuple québécois?

Je ne suis pas certaine de pouvoir répondre. Car, je crois, ce qui nous construit, ce ne sont pas nos expériences mais bien ce que nous en faisons. Jusqu'à la "révolution tranquille" (voir sur Google pour mieux comprendre le concept), on a beaucoup décrit le peuple québécois comme un peuple de "porteurs d'eau". J'ai idée que le peuple québécois a été maintenu dans l'ignorance et la soumission tant par ses dirigeants politiques que par notre maudite sainte mère l'église (permettez moi le sacrilège d'oublier les majuscules). Je pense que c'est encore trop un peuple qui a une faible estime de soi: un peuple conquis par le Britanniques (les maudits Anglais et les méchants protestants), abandonné par la France ... et qu me semble, trop souvent, réagir ainsi: en enfant abandonné et conquis par l'ennemi. Bon. OK. Très heureusement, tous les Québécois ne sont pas aussi pathétiques et, je l'espère du moins, certainement pas la majorité. Mais que ce soit face à un peuple ou face à un individu, je me sens toujours mal à l'aise face à la "réaction". Je préfère de loin les gens (et les peuples) qui sont en action. Car être en réaction, c'est laisser à qui nous "manipule", à qui nous réagissons, le choix du trajet et/ou de la destination. Et vlan pour l'autonomie!

J'attends vos commentaires ... concitoyens québécois
Par Marise - Publié dans : socio-politique - Communauté : Blogueurs du Québec
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 18:30


Même si je me connais plutôt bien, je suis encore étonnée parfois par mes réactions. Depuis un peu plus de 6 ans,  j'ai un peu changé d'attitude face à la vie. Je suis devenue, me semble-t-il, moins tolérante, plus amère, moins optimiste, moins confiante face à l'avenir de l'humanité. Certains diront que je ne suis devenue que plus lucide mais ce qui m'importe, c'est que cette "évolution" ne me plait pas.

Quoi qu'il en soit, ce qui m'a agréablement surprise hier c'est de vérifier que je suis devenue moins émotionnelle. moins fébrile. plus zen et, peut-être, plus mature dans ma "relation" avec un ami à qui je dois beaucoup. C'est à lui que je dois d'avoir enfin trouvé le courage de mettre fin à une relation conjugale qui ne m'a jamais rendue heureuse. C'est un tout jeune homme qui a environ 2 ans de plus que mon fils. Et pourtant ... il a joué un rôle tellement important dans ma vie. Que tous ceux qui croient que les différences d'âge sont des obstacles importants à des relations vraies apprennent enfin que l'âgisme, comme toute forme de ségrégation, n'est que nuisance et illusion ... tout comme la croyance qu'il faut absolument se méfier de toute "rencontre" faite sur Internet. (J'en conviens, cependant: il vaut mieux être vraiment prudente). Car cette rencontre a d'abord été virtuelle mais vraiment très aidante et supportante pour moi. Puis, un peu plus de 6 mois plus tard, malgré que tout un océan nous séparait, je l'ai enfin rencontré face à face ... Depuis, nos contacts sont très sporadiques, au rythme d'un ou deux courriels par année. Parfois une carte de voeux pour le Nouvel An ... Mais si sporadiques soient-ils, ces contacts sont toujours aussi vrais.  Depuis deux ou trois jours, je me sentais un peu morose et je tentais de ne pas m'apitoyer sur mon sort comme j'ai tendance à le faire depuis quelques mois. Et voilà que je reçois un courriel de lui ... La teneur de ce courriel n'est pas d'intérêt public mais je réalise que je suis vraiment heureuse et même flattée que cette relation soit toujours vivante et "vraie". La réception de ce courriel a ramené le sourire sur mes lèvres et dans mon coeur.

Et toute passionnée que je sois par les relations humaines, pas plus que n'importe qui d'autre, je ne peux expliquer la raison "profonde" de mes relations les plus importantes. Pourquoi mon amour de mari m'aime-t-il autant et pourquoi je l'aime autant? Pourquoi ce jeune homme reste-t-il important pour moi? Pourquoi la conjointe de mon fils est-elle si importante pour moi? Ces relations sont pratiquement viscérales ...  L'Amour reste un phénomène bien mystérieux. Il ne reste qu'à le savourer ... pas vraiment besoin de comprendre.

Par Maryse Lafleur - Publié dans : relations humaines
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 03:31


Noël. Ce temps de l'année qui me laisse avec des émotions un peu confuses. Temps de réjouissance? de consommation? de rencontres plus ou moins librement consenties? d'épuisement ou de repos?

Au fond, c'est à nous d'avoir le courage d'en faire ce que nous voulons, de nous tenir debout et de ne pas se plier aux supposées obligations de la saison.
Aurais-je perdu mon âme d'enfant?  J'arrive difficilement à vraiment me réjouir pendant cette période de l'année. Les réunions familiales me pèsent, je l'avoue. Les déplacements encore plus. La consommation à outrance me dérange. J'ai peut-être trop longtemps et trop facilement accepté de me conformer ... mais tant que papa sera vivant, je vois difficilement comment ne pas aller au réveillon du 24. Il comprendrait mais pourquoi lui infliger la pensée que dès qu'il aura disparu, nous ne nous verrons plus tous ensemble? Je sais que je ne suis pas la seule à qui ça pèse.

Et pour la consommation, je pense qu'à partir de l'an prochain (ce qui veut dire dans une dizaine de jours ...), je vais, le plus possible, confectionner les présents que je veux offrir à ceux que j'aime et mettre un peu d'argent pour le Noêl des défavorisés. Ce serait tellement plus équitable et plus conforme à mes valeurs. Je vais cependant devoir trouver ce que je peux confectionner car je ne suis pas très manuelle ... sauf pour le tricot, et encore! Faudra sans doute que je me mette à la cuisine aussi !!! La broderie peut-être? Je devrai faire une liste des gens à qui je veux faire des présents, une liste de ce que je sais faire ou peux facilement apprendre ... et procéder ...

Tout de même, cette année, ça s'annonce plutôt bien. Mon fils et sa petite famille seront avec nous chez papa (une année sur deux seulement) et nous n'avons rien dans la famille de mon chéri. Nous aurons donc plus de temps pour nous reposer.

J'ai cependant une tâche très importante et délicate à accomplir. Il faut que je parle à mes beaux-fils pour leur expliquer que je trouve difficile d'avoir à vivre avec eux sans les blesser.

Courage Maryse, tu y arriveras.

JOYEUX NOËL À TOUS
Par Maryse Lafleur - Publié dans : journalintime
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Vendredi 9 novembre 2007 5 09 /11 /Nov /2007 04:06

Je l'ai déjà dit, c'est en suivant Myriam que je suis arrivée sur over-blog. Puis David (grizz) a suivi. Et depuis, je suis dans mes souvenirs. Enfin, un souvenir m'habite. C'est dans une bien triste circonstance que j'ai connu David. Je vous raconte.

Depuis que je connais et utilise Internet (1997 je crois), j'ai visité beaucoup de salons de clavardage. Je m'y suis fait quelques amis. J'ai même rencontré plusieurs internautes en personne à différentes occasions. La dernière que j'ai connue, appelons la Sue, je ne l'ai jamais rencontrée en personne et ne la rencontrerai jamais.

Nous fréquentions le même salon. Elle adorait la musique et, dans ce salon, elle faisait jouer de la musique plusieurs heures par jour. Comme j'étais moi-même en arrêt de travail, j'y passais aussi plusieurs heures par jour. Nous avons échangé en privé plusieurs heures par jour, plusieurs jours par semaine, pendant près de 6 mois. Nous étions, je pense, de vraies âmes-soeurs. Elle n'avait que 23 ans et était danseuse ("pole dancer"). Elle a vraiment eu une vie misérable mais elle s'efforçait de ne pas perdre espoir. Pourtant, je pouvais sentir sa souffrance. Une souffrance viscérale comme j'en vois parfois dans mon cabinet. Nous avons aussi beaucoup ri ensemble. Le lien qui nous unissait était tellement fort qu'encore aujourd'hui j'en suis étonnée. Et combien émue. Un jour, elle me dit qu'elle doit subir une hystérectomie partielle et qu'elle est littéralement atterrée. Je la rassure du mieux que je peux et lui dis que je serai là à son retour et l'accompagnerai dans sa convalescence. Quatre jours plus tard, je suis au salon de clavardage où nous nous rencontrions habituellement et une "amie" commune me dit que quelqu'un veut me parler en privé. Il s'agissait de David. Je ne le connaissais pas encore. Il était un ami "réel" de Sue. Il me dit que suite à l'opération, Sue est tombée dans le coma, on a du la maintenir en vie artificiellement  et, après 5 jours, sa famille a décidé de se rendre à l'évidence. Sue est décédée alors qu'elle venait d'avoir 24 ans. Je pense que j'ai pleuré sans arrêt pendant 48 heures. Il m'a fallu des semaines, voire des mois, pour pouvoir penser à elle sans que les larmes ne montent. Il y aura 2 ans le 3 décembre qu'elle nous a quittés. Elle me manque toujours.

David était son meilleur ami. Celui qui l'a initiée à l'informatique. Celui qui la protégeait aussi. Elle était un peu la fille qu'il n'a jamais eue. Après son décès, il a acheté sa maison et y habite encore. Avec elle, il partageait l'amour de la musique et un sens de l'humour très britannique. Depuis, nous communiquons régulièrement. Avec une autre copine internaute, nous avons même écrit, sur nos blogs respectifs, pour relever un défi et rigoler un peu, un genre de "soap opera". Je ne sais plus qui a commencé mais chacun écrivait sa partie à tour de rôle. Si je me souviens bien, nous en étions à la 11è partie quand tout s'est arrêté. David a du être hospitalisé et, à sa sortie, ni le rythme, ni l'intérêt n'y étaient. Quoi qu'il en soit, voilà comment j'ai connu David. Et voilà pourquoi, depuis quelques jours, je pense autant à Sue. 
Par Maryse Lafleur - Publié dans : relations humaines
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