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Et oui, La Fumeuse, de Botero. Je l'ai vue et admirée au MNBAQ. J'adore ce que fait Botero. Et cette sculpture, je n'ai pas de mots pour la décrire. J'ai juste envie de la toucher, souvent, longtemps. Personnellement, je trouve les courbes très séduisantes. On dirait que le modèle à la mode pour les femmes depuis quelques années est fortement influencé par le modèle masculin: pas de hanches, pas de fesses, pas de cuisses (je pense même que les hommes ont de plus belles cuisses que les femmes) et pas de seins (enfin, pas trop). Mais ce n'est pas pour vous faire part de mes goûts en matière d'esthétique que j'ai choisi cette photo. Je l'ai choisie parce que c'est une FUMEUSE et que je la trouve très sensuelle.
J'ai arrêté de fumer le 1er février dernier et ça me manque encore. Honnêtement, malgré que ce soit si néfaste pour la santé et que ça pue, je m'aimais comme fumeuse. J'ai toujours aimé fumer, même quand je fumais un seul paquet par semaine. Une belle-soeur m'a même dit qu'elle n'avait jamais fumé mais que me voir fumer lui donnait le goût de commencer! Mon conjoint de l'époque me disait que ça avait l'air tellement bon qu'il ne comprenait pas que je ne fume pas davantage. C'est que je fumais par plaisir à l'époque. Il m'arrivait d'avoir envie d'en griller une mais de n'avoir pas le temps d'en profiter vraiment, alors je ne fumais pas. C'est comme prendre le temps de s'assoir et de déguster un café. Si on n'a pas le temps de déguster et de bien profiter, goûter ce moment, à quoi bon? Au fond, je suis une jouisseuse plus qu'une fumeuse je suppose. Je ne veux plus fumer. Peut-être pas pour les bonnes raisons. Je ne veux plus fumer parce que financièrement, je n'en ai plus les moyens et parce que je sais que ça nuit à ma santé. Déjà que j'ai des problèmes respiratoires, probablement dus en partie à mon problème de poids, et déjà que je souffre d'arthrose aux deux genoux, je ne vais pas en rajouter. Une autre motivation qui peut sembler bizarre, c'est que je me sens obligée de vivre le plus longtemps possible pour que mon fils ait sa mère le plus longtemps possible, et aussi pour sa conjointe et mes adorables petits-fils. Mon chéri? Il a déjà perdu une première conjointe dont il était éperdument amoureux et je sais qu'il survivrait encore. Nous en parlons à l'occasion mais nous sommes bien conscients que nous n'avons aucun pouvoir sur cette situation. Alors profitons de ce qui est bon et profitons-en le plus souvent possible. Il doit prendre sa retraite en janvier prochain et je n'en peux plus d'attendre. Il y a des moments où je me dis que j'ai vraiment commencé à vivre depuis que je suis avec lui. Et, pour le moment, je n'ai pas du tout envie d'en dire plus à ce sujet.
En novembre dernier, j'ai pourtant quitté sa maison. Je ne pouvais plus vivre dans cette maison. Je ne me le permettais pas. Mon chéri a vécu pour ses 4 enfants (qui avaient entre 8,5 ans et 13,5 ans quand ils ont perdu leur mère) et ne les a tout simplement pas vus grandir. Ses 3 fils sont encoreà la maison et moi je n'en pouvais plus d'avoir à les supporter et surtout de ne pas avoir d'intimité. Trop de différences de culture familiale, trop d'adaptations à faire pendant trop longtemps (10 ans! ). Je n'en pouvais plus et j'ai quitté. Et il m'a suivie comme je le souhaitais.
Tout çà pour dire que je trouve parfois, quand je m'arrête pour y penser, que j'ai eu beaucoup d'adaptations à faire dans ma vie. Je pensais que j'étais douée mais je crois avoir atteint ma limite. Comment on fait pour savoir si l'adaptation est souhaitable ou non? C'est plus facile à dire quand c'est pour quelqu'un d'autre parce que, la plupart du temps, on s'en demande plus à soi-même qu'on en demande aux autres. Quoi qu'il en soit, après la retraite en décembre 2009, mon départ de la maison en novembre 2010, mon hospitalisation en février 2011 et ma privation volontaire de la nicotine, je commence un peu à respirer. D'ailleurs, quand je trouve une situation trop difficile, c'est toujours mon expression: laissez-moi respirer, j'étouffe. Pour moi, la liberté, c'est pouvoir respirer. Ce qui revient à dire, je suppose, que pour moi, la liberté, c'est la vie ...
Enfin, comme beaucoup de monde, j'ai, depuis longtemps, le goût d'écrire. Un seul cours en création littéraire il y a environ 45 ans, quelques ateliers d'écriture qui m'ont plus ou moins satisfaite et surtout, pas beaucoup de discipline. J'allais ajouter que le manque de discipline, c'est l'histoire de ma vie mais ce n'est pas vrai. J'ai touojours été une étudiante studieuse, appliquée et perfectionniste (oui, oui, je sasis que c'est plus un défaut qu'une qualité! ). Retournée à l'université à 35 ans, j'ai vraiment mis le paquet. Moins d'un an après l'obtention de ma maitrise, ma pratique privée allait bien et j'ai commencé à enseigner avec un contrat de 3 sessions à temps plein. Je continuais à faire du bureau environ 3 soirs par semaine. J'étais alors très disciplinée, je n'avais pas vraiment le choix. Puis j'ai laissé la tâche diminuer au bureau. Avec le temps, la tâche a aussi diminué au cégep. Je me suis retrouvée avec un manque à travailler autant qu'un manque à gagner. Mais je n'avais vraiment pas le goût de faire des efforts pour que ça change. Ça n'a donc pas changé. Jusqu'à ce que je rencontre mon chéri. J'ai déménagé pour emménager avec lui. Puis j'ai ouvert un deuxième bureau dans ma ville d'adoption. Pendant quatre ans, j'ai voyagé à chaque semaine pour travailler 2 jours à Victoriaville. Je dormais chez mes parents. Et je travaillais 2 jours à Québec. Pendant ces années, maman est décédée d'un cancer des os après que papa en ait pris soin pendant environ un an. Année difficile s'il en fut. Puis l'adorable conjointe de mon fils est devenue enceinte. C'est à ce moment que j'ai décidé de fermer le bureau de Victoriaville. J'avais besoin de refaire le plein d'énergie et je voulais surtout en avoir pour pouvoir visiter mon petit-fils les fins de semaine. Une des meilleures décisions de ma vie. Quelle grande parenthèse! Juste pour dire que je me suis remise à la lecture d'une façon plus assidue et que maintenant, je commence à écrire d'une façon plus régulilère. La volonté que j'avais - que j'ai toujours - de ne plus fumer, je l'utilise maintenant pour écrire quotidiennement. Voilà. Je pense en avoir assez dit pour aujourd'hui. De reprendre ce blog me donne aussi l'impression de mieux respirer. Tant mieux. La respiration, ça peut aussi faire partie de l'inspiration ... en tout cas, c'est nécessaire, non? ;-)
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